Les tensions frontalières entre Islamabad et Kaboul viennent de franchir un cap critique. Après plusieurs jours d’accrochages et de frappes aériennes de part et d’autre de la ligne Durand, la situation sécuritaire s’est brutalement détériorée, poussant les autorités pakistanaises à redéfinir la nature même de leur engagement militaire dans la région.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Pakistan a officiellement déclaré être en « guerre ouverte » avec le gouvernement taliban d’Afghanistan. Cette annonce fait suite à des explosions signalées à Kaboul et à la poursuite des combats dans plusieurs secteurs frontaliers. Les autorités pakistanaises ont confirmé avoir mené des attaques ciblant spécifiquement les provinces de Kandahar et de Paktika, situées en territoire afghan.
Du côté de Kaboul, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a affirmé que l’Afghanistan menait actuellement des « opérations offensives à grande échelle » contre l’armée pakistanaise le long de la ligne Durand, la frontière séparant les deux États. Ces manœuvres sont présentées par le gouvernement afghan comme une riposte directe à une précédente série de frappes aériennes pakistanaises survenues plus tôt dans la semaine.
Pour justifier cette escalade, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a pointé du doigt l’inefficacité des tentatives de résolution pacifique. Accusant les talibans d’alimenter le terrorisme et l’instabilité, il a souligné que son pays avait épuisé toutes les voies diplomatiques. « Notre patience a atteint ses limites. Maintenant, c’est la guerre ouverte. Il y aura désormais une action décisive », a-t-il déclaré. Face à cette offensive, l’ancien président afghan Hamid Karzai a appelé ses compatriotes à défendre leur territoire avec unité, tout en exhortant le Pakistan à revoir sa politique de voisinage.
Cette détérioration rapide de la situation a immédiatement fait réagir la communauté internationale. Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a exprimé sa vive préoccupation par l’intermédiaire de son porte-parole, exigeant des deux parties le respect strict du droit international humanitaire et la protection absolue des civils.
En parallèle, la Russie et l’Iran se sont positionnés pour tenter de désamorcer la crise. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a proposé l’assistance de Téhéran pour faciliter un dialogue constructif entre Islamabad et Kaboul, rappelant l’importance de la retenue en cette période de Ramadan. Une offre de médiation diplomatique a également été formulée par Moscou, qui appelle à l’arrêt immédiat des attaques transfrontalières.