Le Syndicat unique et démocratique des travailleurs de l’énergie (Sudeten) rejette le protocole transactionnel entre Senelec et Akilee, approuvé par le conseil d’administration de Senelec le 23 octobre 2026, ainsi que le projet de contrat de dix ans. Dans une déclaration publiée le 26 octobre à Dakar, il affirme se dresser « comme un rempart inébranlable » contre cet accord, qu’il qualifie de « contrat léonin ».
Le syndicat rappelle que son opposition remonte à 2019, avec plusieurs étapes, notamment en avril 2020, en septembre 2026 et en octobre 2026. Il estime qu’« aucune décision engageant durablement Senelec ne doit être prise au détriment de l’intérêt national » et réclame un service public de l’électricité « accessible, fiable, maîtrisé et au moindre coût ».
Le Sudeten soutient que Senelec dispose de compétences internes pour gérer le comptage électrique et les outils numériques. Il met en avant le savoir-faire de ses ingénieurs et techniciens, qui auraient accompagné des sociétés d’électricité de la sous-région. « Il est inadmissible que cette expertise endogène, enviée et sollicitée à l’international soit mise de côté au profit d’intérêts privés opaques », dénonce-t-il.
Le syndicat demande également des éclaircissements sur les observations qu’il attribue au rapport d’enquête n°02/2023 de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), notamment concernant des soupçons de détournement de deniers publics, de fraude fiscale et de non-respect du Code des marchés publics. Il réclame que « le dossier complet [soit] communiqué aux administrateurs, aux représentants des travailleurs, aux consommateurs et aux instances compétentes ». Ces éléments restent à examiner par les autorités compétentes.
L'actualité du Sénégal dans votre poche
Téléchargez l'app gratuite et suivez l'info en temps réel.
Audit indépendant et enquête parlementaire
Pour faire la lumière sur le dossier, le Sudeten exige « un audit indépendant, technique, financier et juridique » et demande des réponses sur le rôle d’Akilee dans la fabrication des compteurs, sa valeur ajoutée et sa participation à l’appel d’offres ACFI n°22/2026. Il pose notamment ces questions : « Akilee fabrique-t-elle des compteurs ? Quelles valeurs ajoutées nouvelles apporte-t-elle à Senelec ? […] Qui sont les oligarques derrière Akilee ? »
Le syndicat conteste le recours envisagé à un marché de gré à gré pour une activité aussi stratégique que le comptage électrique. Une telle opération, estime-t-il, « ne saurait être acceptée sans transparence, justification rigoureuse et respect des règles applicables à la commande publique ». Il plaide pour une évaluation indépendante et « une mise en concurrence conforme aux textes en vigueur ».
Dans son appel aux travailleurs, aux consommateurs et aux citoyens, le Sudeten dénonce les conséquences qu’il redoute du contrat décennal. « Ce contrat décennal est un arrêt de mort pour notre autonomie technique et un braquage à ciel ouvert des finances de Senelec », affirme-t-il, ajoutant qu’il refuse que « les usagers paient la facture de cette gestion opaque ».
Le Sudeten réclame surtout « l’ouverture immédiate d’une enquête parlementaire afin de faire la lumière sur les coulisses sombres de ce dossier devant la représentation nationale ». Il exige également « la transparence totale par la communication intégrale de tous les documents contractuels aux partenaires sociaux », ainsi que la préservation du patrimoine de Senelec et de son autonomie technique.
Enfin, le syndicat déclare le conflit ouvert et affirme qu’il « n’accordera aucune concession ». Il met en garde la direction générale, le conseil d’administration et les autorités contre toute décision susceptible de compromettre les intérêts stratégiques de Senelec. Il appelle les travailleurs à rester « unis, vigilants et mobilisés » et conclut par ses mots d’ordre : « NON AU BRADAGE DE SENELEC ! NON AUX CONTRATS OPAQUES ! OUI À UNE SENELEC FORTE, SOUVERAINE ET AU SERVICE DES POPULATIONS ! »




