Devant le gouvernement, les députés et les partenaires techniques et financiers, ce mardi à Dakar, à l’occasion du lancement de projets structurants du New Deal Technologique, le Premier ministre a dressé le bilan d’un an de transformation numérique et fixé le cap d’une refondation structurelle de l’action publique. Une ambition claire : faire du digital le socle d’un État plus cohérent, souverain et accessible. Parmi les mesures présentées, il a notamment évoqué le guichet unique, symbole d’un État simplifié et accessible.
« Il y a exactement un an, le Sénégal s’est engagé dans une transformation sans précédent, qui irrigue toutes les politiques publiques. »
Une transformation inscrite dans Sénégal 2050
Cette dynamique s’appuie sur l’agenda Sénégal 2050, avec un choix assumé de rupture plutôt que d’adaptation progressive. « On n’a pas parlé de développer le numérique, mais de transformer. Le mot implique une rupture profonde des structures et des modes de fonctionnement. »
La stratégie repose sur 12 programmes prioritaires, mobilisant près de 1 100 milliards FCFA sur 2025-2034, pour bâtir une économie numérique compétitive et inclusive.
Gouvernance : mettre fin à l’“incohérence” de l’État
Première mesure clé : la création d’un comité de gouvernance du numérique dès mars 2025. « La transformation numérique d’un État est avant tout un défi de gouvernance : qui décide, qui coordonne, qui arbitre ? »
Le chef du gouvernement dénonce les dérives passées : « Chaque ministère avance dans sa direction… Au bout du compte, c’est le Trésor public qui paie la facture. »
Un Conseil national du numérique, installé en octobre 2025, complète le dispositif pour encadrer innovation, souveraineté et inclusion.
Le guichet unique, symbole du changement
Pièce maîtresse du New Deal technologique : le guichet unique du citoyen, censé simplifier radicalement l’accès aux services publics. « Une interface unique, simple et accessible… sans déplacement et sans intermédiaire », a noté le Premier ministre.
L’objectif est de mettre fin aux lourdeurs administratives :
« Demain, souligne t-il, le citoyen n’aura plus à multiplier les démarches ni à faire face à des procédures non articulées. »
Souveraineté numérique et infrastructures
Le Premier ministre insiste sur la nécessité d’un socle technologique maîtrisé, avec le déploiement de clouds souverains et le renforcement des capacités réseau. « Un développement numérique sans souveraineté ne sert absolument à rien. »
La cybersécurité devient un axe stratégique face à la montée des menaces : « Les cyberattaques sont aujourd’hui une réalité quotidienne », a insisté le PM.
Inclusion : connecter tout le territoire
Selon Ousmane Sonko, le programme de transformation intègre un volet social avec la connectivité universelle, visant plus d’un million de citoyens, notamment dans les zones blanches.
« Nos investissements ne concernent pas seulement les centres urbains, mais aussi les zones les plus enclavées. »
Jeunesse et startups au cœur du modèle
Enfin, l’exécutif mise sur l’écosystème local pour porter cette transformation. « Notre première matière première, ce n’est ni le pétrole ni le gaz, mais notre jeunesse. »
Des mesures d’accompagnement fiscal et un cadre juridique adapté sont annoncés pour soutenir les startups et faire émerger des champions technologiques.
Une transformation collective
Au-delà des infrastructures, Ousmane Sonko appelle à une mobilisation globale.
« Le succès de la transformation numérique ne peut se réduire à une exigence politique. Il doit devenir une volonté partagée. » Le Premier ministre a enfin salué le rôle des partenaires internationaux, notamment la coopération allemande et l’Union européenne, dans la mise en œuvre de cette ambition. En ligne de mire, un État numérique cohérent, souverain et au service du citoyen.
Il faut de la conccurence avec 3 ou 4 autres operateurs et rendre l’interner accessible partout au Senegal. Yallah na yallah dimbali wa Senegal si Orange.
La réelle rupture numérique exige l’abrogation des lois censurant la parole en ligne et la renationalisation des infrastructures télécoms. L’objectif : transformer l’accès au numérique en un service public universel et souverain.