Prioriser les Sénégalais, c’est le premier devoir d’un État qui se respecte.
« Pourquoi ce qui est considéré comme un exercice normal de la souveraineté à Washington, Paris ou Pékin deviendrait-il soudainement de la xénophobie lorsqu’il est défendu à Dakar ?
Depuis plusieurs jours, une partie de la classe politique et médiatique a choisi sa cible : le député Tahirou Sarr. Les accusations se multiplient et les procès d’intention se succèdent.
Pourtant, derrière cette indignation sélective se cache une réalité plus dérangeante : le refus d’aborder les véritables préoccupations des Sénégalais. La fraude à l’état civil, la porosité de nos frontières, l’accès à l’emploi, la pression économique qui pèse sur les ménages et la nécessité de protéger les intérêts stratégiques de notre pays sont des sujets réels, concrets et légitimes.
Au lieu de répondre à ces questions de fond, certains préfèrent disqualifier ceux qui les posent.
Ce que défend Tahirou Sarr n’est ni le rejet de l’autre ni la stigmatisation d’une communauté. Ce qu’il défend porte un nom clair : le nationalisme inclusif.
Un nationalisme qui affirme que l’État sénégalais a d’abord des devoirs envers les Sénégalaises et les Sénégalais. Un nationalisme qui refuse toute discrimination fondée sur l’ethnie, la religion ou l’origine régionale. Un nationalisme qui respecte l’étranger honnête, travailleur et respectueux des lois de la République. Mais un nationalisme qui refuse également la fraude, l’anarchie administrative et le renoncement à la souveraineté.
Défendre l’intégrité de l’état civil, exiger l’application des lois migratoires, protéger les ressources publiques et donner la priorité aux citoyens dans les politiques de l’État ne relève pas de la xénophobie. Cela relève de la responsabilité nationale.Le Sénégal a toujours été une terre d’accueil mais l’hospitalité n’exclut ni les règles ni l’autorité de l’État. Une nation respectée est une nation qui sait protéger ses intérêts, faire respecter ses lois et assumer ses choix souverains.
Le véritable débat n’est donc pas de savoir s’il faut traiter de xénophobe quiconque parle de souveraineté. Le véritable débat est de savoir si le Sénégal doit continuer à subir ces problèmes en silence ou avoir enfin le courage politique de les affronter avec lucidité, justice et fermeté.
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– Le nationalisme inclusif : Servir d’abord les Sénégalais n’est pas un crime.
Le nationalisme inclusif que nous prônons repose sur un principe fondamental : l’État sénégalais a d’abord le devoir de servir les Sénégalaises et les Sénégalais. Ce principe n’est ni une exclusion ni une préférence arbitraire.
Notre nationalisme est inclusif parce qu’il ne distingue aucun Sénégalais selon son ethnie, sa confession, sa langue ou sa région d’origine. Il est inclusif parce qu’il reconnaît la même dignité à tous les enfants de la Nation. Il est également inclusif parce qu’il respecte l’étranger qui vit parmi nous dans le respect de nos lois, qui travaille honnêtement, contribue à notre développement et participe à la prospérité collective.
Notre combat ne vise aucun homme, aucun peuple et aucune nationalité. Ce que nous combattons, c’est la fraude qui fragilise l’État, le désordre qui affaiblit les institutions et l’impunité qui mine la confiance des citoyens.
Les ressources publiques ne sont pas infinies. Les besoins de nos populations, eux, sont immenses. Dans un tel contexte, gouverner, c’est choisir, c’est prioriser. Donner la priorité aux citoyens sénégalais dans l’action publique n’est ni un repli sur soi ni un rejet de l’autre. C’est l’expression la plus élémentaire de la souveraineté nationale et de la responsabilité politique.
Oui, nous sommes le peuple de la Teranga. Mais la Teranga n’est ni l’effacement de soi ni le renoncement à ses droits. Elle est une hospitalité généreuse, offerte librement par un peuple maître de son destin. Elle ne saurait devenir le prétexte à la marginalisation de celles et ceux qui en sont les premiers héritier.
Lorsque des Sénégalaises et des Sénégalais peinent à accéder à l’emploi, au logement, aux services publics ou aux opportunités économiques dans leur propre pays, il est légitime de poser la question des priorités nationales. Lorsque les Sénégalais sont privés, de fait, de leur propre Teranga, nous disons clairement : non!
Le dynamisme des échanges humains et économiques entre le Sénégal et les pays voisins constitue une richesse qu’il faut préserver. Mais c’est précisément l’intensité de ces flux qui rend indispensable un encadrement rigoureux des entrées, des séjours et des conditions d’établissement sur notre territoire. Plus les échanges sont importants, plus les règles doivent être claires, transparentes et effectivement appliquées.
– L’état civil, premier pilier de notre souveraineté.
Un État digne de ce nom ne laisse jamais son état civil devenir un objet de commerce. Pourtant, c’est bien ce qui se déroule sous nos yeux.
Vols d’identité, falsification de documents, manipulation des registres, obtention frauduleuse de la nationalité : ces dérives ne sont pas de simples infractions administratives. Elles constituent des atteintes directes à l’autorité de l’État et à la sécurité nationale. Car l’état civil est la clé de voûte de notre édifice institutionnel. Il détermine l’identité légale des citoyens, fonde l’exercice de la citoyenneté, alimente le fichier électoral, conditionne la délivrance des passeports et ouvre l’accès à l’ensemble des droits civiques, sociaux et économiques.
Lorsque l’état civil se vend, ce n’est pas seulement un document qui change de mains ; c’est une parcelle de souveraineté qui est bradée. Une nation qui ne protège plus l’intégrité de son état civil prend le risque de perdre progressivement la maîtrise de son identité, de ses institutions et de son avenir.
C’est précisément pour mettre fin à cette situation que le député Tahirou Sarr a déposé, dès février 2026, une proposition de loi visant à criminaliser spécifiquement la vente et le trafic de l’état civil. Le texte prévoit des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement, portées jusqu’à quinze ans lorsque les faits sont commis en bande organisée ou dans le cadre d’une fraude à la nationalité. Il prévoit également une protection renforcée des lanceurs d’alerte agissant de bonne foi, afin de favoriser la dénonciation de ces pratiques qui minent l’État de l’intérieur.
Où est la xénophobie dans cette démarche ? Depuis quand la défense de la légalité, la protection de l’identité nationale et la préservation de la souveraineté de l’État constituent-elles des actes de discrimination ? Exiger que les lois soient respectées, que les registres publics soient sécurisés et que la nationalité ne puisse être obtenue par la fraude n’est pas un rejet de l’autre. C’est l’expression la plus élémentaire de la responsabilité publique.
– Des frontières ouvertes dans une sous-région sous tension.
Nous mesurons avec lucidité et responsabilité l’ampleur des défis sécuritaires auxquels notre sous-région est confrontée. Dans un contexte marqué par l’instabilité et les trafics transfrontaliers, la vigilance n’est plus une option : elle est une exigence de souveraineté.
Depuis 2024, le Sénégal est entré dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz. Cette position stratégique ouvre des perspectives considérables de développement, mais elle suscite également des convoitises et accroît les risques auxquels notre Nation est exposée.
Face à cette réalité, l’État doit être en mesure de savoir précisément qui entre sur son territoire, qui y séjourne et dans quelles conditions. Il en va de la protection de nos intérêts vitaux, de la préservation de notre sécurité collective et de la maîtrise de notre destin.
Nous refusons toute forme de complaisance ou d’aveuglement. Alors que nos frontières demeurent fragilisées, il serait irresponsable de nous contenter de discours rassurants. Encadrer l’entrée et le séjour des étrangers ne signifie pas ériger des barrières ni tourner le dos à notre tradition d’hospitalité ; cela revient simplement à exercer un droit souverain et légitime : celui d’assurer l’ordre, la sécurité et la traçabilité sur notre propre territoire.
Les instruments juridiques existent déjà. Les mécanismes administratifs sont connus. Ce qui fait défaut, ce ne sont pas les textes, mais la détermination politique nécessaire à leur application rigoureuse et impartiale. Une nation qui ne maîtrise pas ses frontières s’expose à voir sa souveraineté progressivement remise en cause.
L’heure n’est plus à l’hésitation, mais à l’action.
04 Une économie sans barrière, des ménages exposés
L’économie sénégalaise repose largement sur le secteur informel. Petit commerce, artisanat, transport, services de proximité : c’est dans ce secteur que des millions de Sénégalais cherchent chaque jour de quoi faire vivre leur famille. Pourtant, cet espace économique déjà fragile est confronté à une concurrence de plus en plus forte dans un contexte où les règles d’encadrement restent insuffisantes.
C’est précisément sur cette réalité que Tahirou Sarr a le courage de poser le débat. Là où certains se contentent de slogans, il rappelle une évidence : aucun pays ne s’est développé sans protéger ses producteurs, ses travailleurs et ses entrepreneurs. Le développement ne naît pas de l’absence de règles ; il repose sur un État capable d’organiser, de réguler et de défendre les intérêts économiques de sa nation.
Demander un meilleur encadrement de l’exercice des activités économiques sur le territoire national n’est ni une fermeture ni un rejet de l’autre. C’est une exigence de justice envers les Sénégalais qui se battent chaque jour pour maintenir leur activité. Car lorsque les ressources sont limitées et que le chômage demeure élevé, la responsabilité de l’État est de garantir que les opportunités d’emploi, d’entrepreneuriat et de création de richesse profitent d’abord à ses propres citoyens.
La position de Tahirou Sarr est donc une position de bon sens et de souveraineté économique. Protéger le petit commerçant, l’artisan, le chauffeur, la vendeuse de marché ou le jeune entrepreneur sénégalais n’est pas un acte d’exclusion. C’est le premier devoir d’un État qui entend placer ses citoyens au cœur de son projet de développement.
– L’heure est au nationalisme
Regardons le monde avec lucidité et sans naïveté. Les grandes nations protègent leurs industries, maîtrisent leurs frontières, sécurisent leurs ressources stratégiques et placent les intérêts de leurs citoyens au cœur de leurs politiques publiques. Elles le font sans complexe, parce qu’elles savent qu’aucun peuple ne prospère durablement en renonçant à défendre ses propres intérêts.
C’est le sens du combat porté par Tahirou Sarr : remettre l’État au service de la Nation et la Nation au service de ses citoyens. Car aucun pays ne peut prétendre au développement s’il ne maîtrise pas ses frontières, s’il ne protège pas l’intégrité de son état civil, s’il ne valorise pas ses travailleurs et s’il ne préserve pas ses ressources au bénéfice de son peuple.
Le nationalisme que nous assumons n’est ni un rejet de l’autre ni une fermeture au monde. C’est un attachement profond à notre pays, à nos institutions, à notre souveraineté et à l’avenir de nos enfants. C’est un nationalisme inclusif qui accueille avec respect ceux qui respectent nos lois, mais qui exige que les intérêts du Sénégal demeurent la priorité.
Une nation qui ne se protège pas finit toujours par dépendre des choix des autres : Tahirou Sarr a eu le courage de poser ce débat essentiel.
L’heure est au nationalisme. Un nationalisme qui protège, qui organise et qui prépare l’avenir. Un nationalisme qui affirme une vérité simple : l’État du Sénégal doit agir d’abord pour les Sénégalaises et les Sénégalais. Et cela, nous l’assumons pleinement.
Le nationalisme que nous portons n’a rien d’une haine. C’est un amour : celui d’un peuple pour sa terre, ses institutions et ses enfants. Il est exigeant, il est inclusif.
L’heure est au nationalisme.
Mariama Diouf*
Secrétaire générale des Cadres
Secrétariat des Cadres Nationalistes (SECAN)



