Moutons de Tabaski : le seuil d’hectares recommandé par l’ingénieur Djibril Ba pour les fermes intégrées

Le Sénégal poursuit ses efforts pour garantir son approvisionnement en moutons à l’approche de la Tabaski, avec plus de 885 000 têtes recensées en 2024. Toutefois, la persistance de la dépendance aux importations et les coûts élevés de production poussent les spécialistes à recommander une restructuration globale de la chaîne de valeur.

Selon les informations rapportées par IGFM, le marché sénégalais reste fortement tributaire des importations en provenance du Mali, du Niger et de la Mauritanie, malgré la mise en place de programmes étatiques tels que le Programme national de développement intégré de l’élevage (PNDIES). L’ingénieur agronome et financier Djibril Ba, président du mouvement PROGRES, souligne que l’autosuffisance ne se limite pas au volume de moutons disponibles, mais englobe également leur coût, leur qualité et leur accessibilité pour les ménages.

La gestion saisonnière actuelle expose le pays à des aléas logistiques, sécuritaires et économiques régionaux. À cela s’ajoutent les charges liées à l’alimentation du bétail, au transport et à l’exploitation, qui maintiennent les prix à un niveau élevé. Face à cette situation, l’expert appelle à rompre avec les réponses conjoncturelles pour adopter une approche intégrée inspirée de l’agrobusiness.

Pour structurer la filière, IGFM indique que Djibril Ba propose la création de grandes fermes intégrées s’étendant sur une superficie minimale de 50 hectares. Ces unités associeraient des bergeries modernes et des cultures fourragères dans le but de sécuriser l’alimentation du cheptel, de réduire les coûts et de stabiliser les prix sur le marché national. Elles serviraient également de pôles d’innovation et de formation pour les éleveurs.

La mise en œuvre de cette réforme structurelle nécessite un accès facilité au financement. L’ingénieur insiste sur l’importance de mobiliser des fonds dès le début du cycle de production pour anticiper les besoins en infrastructures, aliments et soins vétérinaires. Dans cette optique, il plaide pour un renforcement des partenariats avec les institutions financières, en mentionnant particulièrement la Banque africaine de développement (BAD), afin de transformer ce sous-secteur en un véritable pilier de la souveraineté alimentaire.

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