Face à la multiplication des risques dans l’espace aérien sénégalais, l’autorité de régulation a décidé de durcir le ton. Dans une note circulaire signée cette semaine, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) a acté une modification majeure des règles de survol sur l’ensemble du territoire, motivée par des impératifs de sécurité immédiats et la préparation d’échéances internationales.
L’usage de l’espace aérien n’est plus libre pour les amateurs. Selon les informations relayées par Le Quotidien, le Directeur général de l’Anacim, Diaga Basse, a signé le 27 janvier 2026 une circulaire interdisant formellement l’utilisation des drones à des fins de loisir ou d’usage privé. Cette mesure, qui couvre tout le territoire national, met un terme à la tolérance qui prévalait jusqu’ici pour les vols récréatifs.
Cette décision administrative trouve son origine directe dans un événement survenu quelques jours plus tôt. Le 20 janvier dernier, lors de la parade de l’Equipe nationale de football, un incident impliquant un drone de couverture médiatique a été jugé préoccupant pour la sécurité de l’événement. Cet épisode a servi de déclencheur, illustrant les risques concrets que font peser les appareils pilotés sans coordination stricte sur les grands rassemblements publics.
Au-delà de cet incident spécifique, l’Anacim inscrit cette restriction dans une stratégie de sécurisation plus large en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj) de Dakar 2026. L’organisation de cet événement mondial exige une maîtrise totale de l’espace aérien et une réduction drastique des risques liés aux engins volants non identifiés ou pilotés par des amateurs.
Il est important de noter que cette interdiction cible spécifiquement l’usage privé. Le cadre professionnel reste ouvert, mais sous haute surveillance. Les opérateurs utilisant des drones à des fins commerciales ou médiatiques peuvent poursuivre leurs activités, à la condition impérative de détenir une autorisation préalable délivrée par l’Anacim, conformément à l’arrêté ministériel du 29 avril 2014.
L’agence de régulation a par ailleurs précisé que les contrevenants s’exposent aux sanctions définies par le décret du 24 octobre 2025 relatif aux pénalités aéronautiques, marquant ainsi la fin de la récréation dans le ciel sénégalais.