À l’approche de la Coupe du Monde de football 2026, co-organisée avec les États-Unis et le Canada, le Mexique fait face à un défi sécuritaire de premier plan. La récente flambée de violences liée aux opérations gouvernementales contre le crime organisé a poussé les autorités fédérales à dévoiler un plan d’action d’une ampleur inédite pour garantir la tenue de l’événement.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a annoncé la mobilisation de 100 000 membres des forces de l’ordre et de sécurité pour encadrer le tournoi mondial. Ce contingent s’articule autour de 20 000 militaires et éléments de la Garde nationale, appuyés par 55 000 policiers, le reste des effectifs étant complété par des sociétés de sécurité privée. Le général Roman Villalvazo Barrios, responsable du centre de coordination de la Coupe du Monde pour le Mexique, a précisé que ce dispositif vise à présenter un environnement fiable à la communauté internationale tout en maintenant une capacité de réponse immédiate face aux menaces internes.
Cette planification stratégique intervient dans un climat de haute tension. Le 22 février dernier, une vaste opération militaire a abouti à la mort de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », le dirigeant du puissant Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Son élimination a immédiatement déclenché une vague d’attaques de représailles à travers le pays, soulevant des interrogations légitimes du côté de la FIFA et des futurs voyageurs.
En déplacement vendredi dans la banlieue de Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco, la présidente Sheinbaum s’est adressée directement aux habitants pour affirmer l’engagement de l’exécutif à restaurer la paix dans cette région particulièrement ciblée par les récents affrontements. Le Mexique accueillera au total 13 rencontres de la compétition réparties sur trois sites : Guadalajara, Monterrey et la capitale Mexico, qui abritera le match d’ouverture le 11 juin 2026.
Notre rédaction souligne que cette forte mobilisation s’inscrit dans un contexte de pression accrue de la part des États-Unis, qui exigent de Mexico une lutte plus frontale contre les cartels de la drogue. Le recours systématique aux forces armées pour des missions de sécurité publique, initié sous le mandat d’Andres Manuel Lopez Obrador et poursuivi par l’actuelle présidente, reste l’axe central de la politique sécuritaire mexicaine, malgré les réserves régulièrement émises par les groupes de défense des droits humains.