L’accès à l’électricité en Afrique reste un défi majeur, mais une initiative coordonnée redessine déjà le continent. Depuis son lancement en juillet 2023, la Mission 300, pilotée par le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, a permis de brancher plus de 50 millions de personnes au réseau électrique.
Une accélération mesurable
Derrière ce cap symbolique, les chiffres dévoilent une réelle montée en puissance. Entre juillet 2023 et juin 2024, première année de l’initiative, les projets financés par la Banque mondiale ont connecté 12 millions de personnes. Au cours de l’exercice en cours, et avant même sa clôture, ce sont déjà 20 millions de raccordements supplémentaires qui ont été réalisés. Une vitesse presque deux fois supérieure à celle d’avant Mission 300.
Le Groupe de la Banque africaine de développement affiche lui aussi une dynamique renforcée : 5,2 millions de personnes touchées en moins de deux ans et demi, contre 9,6 millions au cours des onze années précédentes. Comme le rapportent L’Ejecos et leral, ces résultats sont suivis via une méthodologie commune, approuvée par les deux institutions, qui ne comptabilise que les branchements vérifiés de ménages.
Pour atteindre l’objectif de 300 millions d’habitants raccordés d’ici 2030, l’initiative s’appuie sur une large coalition. Trente-six pays africains, dont le Sénégal, ont adopté des pactes nationaux de l’énergie afin de lever les goulets d’étranglement sectoriels. En avril 2026, un Conseil du secteur privé « Mission 300 » a été mis en place pour mobiliser des capitaux privés massifs. Coprésidé par le Sénégalais Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale, il réunit quatorze dirigeants de haut niveau issus de divers secteurs économiques.
Les retombées concrètes se chiffrent en foyers éclairés après la tombée de la nuit, en centres de santé capables de conserver les vaccins et en petites entreprises dont l’activité peut se prolonger. La Mission 300 comptabilise uniquement les branchements effectifs réalisés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2030, dans le cadre d’opérations financées par les deux institutions.

