La Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et la Fondation Rockefeller ont officialisé la création d’une nouvelle instance dirigeante dédiée au secteur énergétique. Cette structure vise à mobiliser des capitaux privés massifs pour répondre au déficit d’accès à l’électricité sur le continent africain d’ici la fin de la décennie.
Dénommée Conseil du secteur privé « Mission 300 », cette initiative a pour objectif principal de raccorder 300 millions d’Africains au réseau électrique à l’horizon 2030. Selon les informations rapportées par l’Agence Afrique, ce projet ambitionne également de transformer le marché de l’emploi sur le continent. Le Conseil est composé de quatorze dirigeants de haut niveau issus de divers secteurs économiques.
La coprésidence de ce groupe d’experts est assurée par Makhtar Diop, Directeur général de la Société financière internationale (SFI), et Ray Chambers, Président de la Fondation MCJ. Leur mandat consiste à élaborer des stratégies de mobilisation de capitaux, à optimiser la transformation économique et à mettre en place des plateformes de financement catalytique, notamment en monnaie locale. Makhtar Diop a précisé que la réussite de ce programme repose sur l’implication d’entreprises bénéficiant d’une expérience concrète dans le secteur énergétique africain. Il a ajouté que les membres du Conseil apportent l’expertise et les réseaux nécessaires pour matérialiser ces ambitions.
Le contexte actuel indique que près de 600 millions de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à l’électricité. Pour combler ce retard, la SFI et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), toutes deux affiliées au Groupe de la Banque mondiale, se sont engagées à débloquer 5 milliards de dollars en soutien aux investissements privés. Kevin Kariuki, vice-président de la BAD, a souligné que le secteur privé est appelé à fournir la moitié des financements requis pour ce pacte énergétique.
Lancée initialement en 2024, la dynamique de la Mission 300 affiche de premiers résultats. L’Agence Afrique indique que 44 millions de personnes ont déjà pu obtenir un accès à l’électricité dans ce cadre. Par ailleurs, des accords énergétiques ont été paraphés par 30 pays africains en vue de moderniser leurs infrastructures, de promouvoir les énergies renouvelables, de stimuler l’investissement commercial et de favoriser l’intégration des réseaux électriques régionaux.