La tension monte au sommet de l’État mexicain. Face à une vague d’attaques remettant en cause son intégrité et sa gestion sécuritaire à la suite d’un week-end de violences meurtrières, la présidente Claudia Sheinbaum a décidé de réagir publiquement.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la dirigeante mexicaine envisage d’entamer des poursuites judiciaires contre le milliardaire américain Elon Musk. Ce dernier l’a publiquement accusée d’être sous l’emprise des cartels de la drogue. Lors de sa conférence de presse matinale de mardi, Claudia Sheinbaum a qualifié d’« absurdes » les allégations selon lesquelles elle dirigerait un « narco-gouvernement ». « Nous examinons la possibilité d’intenter une action en justice. Les avocats se penchent sur la question », a-t-elle déclaré, balayant des accusations qu’elle juge « risibles ».
Cette passe d’armes intervient dans un climat d’extrême volatilité au Mexique. Le week-end dernier, les forces armées ont abattu Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », figure suprême du cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), un objectif poursuivi depuis des décennies par le gouvernement. Traqué jusqu’à la ville de Tapalpa, il a succombé à ses blessures lors de son transfert médical. En représailles, les membres de son organisation criminelle ont multiplié les barrages routiers, les incendies criminels et les affrontements avec les forces de l’ordre, faisant des dizaines de morts.
C’est en réaction à une vidéo montrant la présidente mexicaine défendre des alternatives à la politique de la « guerre contre la drogue » qu’Elon Musk a lancé ses attaques. Sur les réseaux sociaux, l’entrepreneur a affirmé qu’elle « disait simplement ce que ses patrons de cartel lui disaient de dire », ajoutant que la punition pour désobéissance dans ce milieu était bien pire qu’un simple recadrage professionnel.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de pression diplomatique accrue. Proche d’Elon Musk, le président américain Donald Trump a lui-même accusé Claudia Sheinbaum d’inefficacité. Dans la foulée d’une opération militaire lancée le 3 janvier pour enlever le président vénézuélien Nicolas Maduro, Donald Trump a affirmé sur Fox News que « les cartels dirigent le Mexique », réitérant la possibilité de mener des frappes militaires américaines sur le sol mexicain.
Face à ces menaces d’intervention unilatérale, qu’elle rejette fermement au nom de la souveraineté nationale, la présidence mexicaine met en avant son bilan sécuritaire. En février 2025, sous la menace de droits de douane américains, près de 10 000 membres de la Garde nationale ont été déployés à la frontière nord pour lutter contre le trafic de fentanyl. Les autorités ont également procédé à l’extradition de dizaines de ressortissants mexicains vers les États-Unis, dont 37 en janvier, 13 en avril et 14 en août de la même année.
Écartant les critiques extérieures qu’elle juge déconnectées de la réalité du terrain, Claudia Sheinbaum a réaffirmé mardi que seule l’opinion du peuple mexicain et le travail quotidien des forces armées guideraient l’action de son gouvernement.