L’escalade des tensions au Moyen-Orient commence à ébranler l’économie mondiale. Face aux récentes menaces de blocage du détroit d’Ormuz, point de passage névralgique du commerce maritime, les grandes puissances économiques multiplient les initiatives pour éviter une crise énergétique d’envergure.
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé mardi à Paris que les ministres de l’Énergie du G7 ont officiellement sollicité l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’objectif est de préparer des scénarios de libération des stocks stratégiques de pétrole. Cette perspective, à elle seule, a déjà provoqué une baisse de 20 dollars du prix du baril sur les marchés internationaux.
L’AIE a immédiatement réagi à cette requête. Son directeur exécutif, Fatih Birol, a convoqué une réunion extraordinaire de ses pays membres pour évaluer la sécurité des approvisionnements et décider de la mise sur le marché d’une partie des 1,2 milliard de barils de réserves publiques d’urgence actuellement disponibles.
Cette mobilisation fait suite à une détérioration brutale de la situation sécuritaire dans le Golfe. Après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, le général de brigade iranien Ebrahim Jabbari a averti, le 2 mars, que tout navire tentant de traverser le détroit d’Ormuz serait pris pour cible. Ce passage stratégique concentre environ un quart du commerce pétrolier mondial. En conséquence directe de ces menaces, le ministère irakien du Pétrole a pris la décision de suspendre sa production dans le vaste champ de Rumaila, situé à Bassora.
Face à ce risque de paralysie, les réponses diplomatiques et militaires s’organisent sur plusieurs fronts. Le président français Emmanuel Macron a confirmé la préparation d’une mission navale « purement défensive » avec ses alliés, destinée à rouvrir le détroit et à escorter les navires commerciaux. De son côté, Donald Trump a annoncé la levée temporaire de certaines sanctions américaines liées au pétrole jusqu’à la réouverture du détroit, tout en proposant que la Marine américaine assure la protection financière et physique des pétroliers.
L’enjeu est également géopolitique pour le continent européen. À Bruxelles, Valdis Dombrovskis, membre de la Commission européenne, s’alarme d’une hausse de 40 % des prix du pétrole et de 90 % pour le gaz par rapport à la période précédant ces tensions. L’Union européenne redoute que cette flambée n’offre des revenus inattendus à la Russie. Pour y parer, les dirigeants européens envisagent une application plus stricte du plafonnement des prix sur le pétrole russe, voire une interdiction totale des services maritimes liés à Moscou.