Le début de l’année 2026 marque une reprise dramatique des tragédies en Méditerranée centrale. Alors que les conditions météorologiques hivernales rendent les traversées particulièrement périlleuses, les instances internationales s’inquiètent d’une multiplication des incidents impliquant des migrants tentant de rejoindre l’Europe. Au-delà des naufrages confirmés, c’est l’absence totale de nouvelles concernant plusieurs convois qui préoccupe désormais les observateurs.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), par la voix de ses représentants, a émis une alerte majeure ce lundi 26 janvier. Selon les données recueillies par l’agence onusienne et relayées par Anadolu, la situation humanitaire se dégrade rapidement sur cet axe maritime. Les premières semaines de l’année laissent craindre un bilan humain très lourd, alors que des centaines de personnes pourraient être portées disparues.
Au cours des dix derniers jours, trois naufrages distincts ont été documentés. Ces incidents, survenus au départ des côtes libyennes et tunisiennes, auraient causé la mort de 104 personnes. Les chances de retrouver des survivants s’amenuisent considérablement en raison de la température glaciale de l’eau à cette période de l’année.
Mais un phénomène plus inquiétant mobilise actuellement les équipes de l’OIM : l’existence de ce que l’institution qualifie de « bateaux fantômes ». L’organisation enquête spécifiquement sur le sort de neuf embarcations parties de Tunisie entre le 14 et le 21 janvier. À ce stade, aucune trace de ces canots ni de leurs occupants n’a été retrouvée. Si ces disparitions venaient à être confirmées comme des naufrages, ce seul épisode porterait le nombre de disparus à environ 380 personnes supplémentaires.
La réalité de ces dangers s’est manifestée concrètement à Lampedusa, où les secours ont confirmé trois décès récents, dont ceux de jumelles âgées d’un an, mortes d’hypothermie peu avant leur arrivée. Parallèlement, des témoignages de survivants évoquent une autre embarcation de 51 passagers, partie de Libye en même temps qu’eux, qui aurait sombré au large de Tobrouk sans jamais atteindre sa destination.
Ces événements rappellent la dangerosité extrême de la route de la Méditerranée centrale. L’année 2025 s’était déjà soldée par le recensement de 1 340 décès dans cette zone. Depuis 2014, le projet Missing Migrants estime que plus de 33 000 personnes y ont perdu la vie ou disparu. Face à ces chiffres, l’OIM appelle à un renforcement immédiat de la coordination internationale pour éviter que 2026 ne devienne l’une des années les plus meurtrières de la décennie.