L’Âge de la retraite du premier président et du Procureur général de la Cour suprême a été rallongé à 68 ans. Le projet de loi organique portant sur la réforme de la justice a été adopté, hier, à l’Assemblée nationale.
La partie de ce projet de loi la plus controversée est celle du rallongement de l’âge de la retraite du premier président et du Procureur général de la Cour suprême. Et lors du débat, les députés Aïssata Tall Sall et El Hadji Diouf n’ont pas manqué d’exprimer leur préoccupation soulignant que l’adoption du texte peut engendrer une crise institutionnelle. De son côté, le garde à des Sceaux le ministre de la Justice Sidiki Kaba de révéler que les magistrats ont plusieurs fois sollicité le Président Macky Sall pour le vote de cette loi. « Ce sont eux qui ont estimé que la mobilité était lente, qu’il fallait la résoudre« , confie-t-il.
Pour rappel, dans la même journée, l’Union des magistrats sénégalais (Ums) a tenu une conférence de presse pour lancer un dernier signal aux députés qui devaient se pencher sur le projet de loi. Le président Maguette Diop et ses camarades en ont profité pour inviter les élus du Peuple à ne pas endosser cette responsabilité consistant à « avaliser une reformer foncièrement injuste qui serait de nature à exacerber le malaise déjà si profond dans la justice« . L’Ums qui ne compte pas lâcher prise, avertit qu’elle fera face à ce qu’elle considère comme « une tentative d’affaiblissement ou de déstabilisation de la justice« .
Le ministre de la justice de poursuivre: « Une exigence de mobilité a été satisfaite sur tous les plans. Ces 19 innovations, 239 articles, faut-il le dire tout ou rien. Il y a eu trois ans de discussion, mais, à un certain moment, il faut arrêter. D’ici 5 ans pas moins de 74 magistrats vont à la retraite. Qui va les remplacer? Il faut savoir raison garder. C’est un texte pertinent il n’est ni conjoncturel, ni personnel. Cette réforme définit la loi, c’est une loi générale, elle n’est pas facultative.«