Trois mois ferme ont été prononcés à Mbour contre une étudiante et son compagnon dans une affaire de vidéos intimes diffusées via WhatsApp. Les contenus appartenaient à une jeune femme, et le dossier illustre une dérive de plus en plus récurrente : des images confiées dans un cadre privé deviennent, après une rupture ou une nouvelle relation, un moyen d’humiliation publique.
La jeune femme avait d’abord adressé les fichiers à son ancien partenaire. Celui-ci les a ensuite transmis à sa nouvelle compagne, impliquée dans la suite de la diffusion. À Thiès déjà, A. Ndione avait diffusé des vidéos intimes de son ex-compagne par vengeance après son mariage, montrant combien ces contenus sont souvent utilisés comme arme dans les conflits affectifs.
Le statut WhatsApp au centre du dossier
La nouvelle compagne a placé ces vidéos sur son statut WhatsApp, avec des propos insultants visant la victime. Cette publication a été suivie d’une circulation plus large des contenus sur l’application, transformant un échange privé en exposition collective.
Le Tribunal de Mbour avait aussi eu à connaître d’un autre dossier révélateur du même enjeu : un homme de 24 ans y était jugé pour chantage aux vidéos intimes visant l’épouse de son oncle. Là encore, la proximité entre les protagonistes et l’accès au téléphone avaient ouvert la voie à l’exploitation des images.
Dans l’affaire jugée à Mbour, la victime a saisi la justice après la diffusion des vidéos. Face au tribunal, les deux prévenus ont admis les faits, avant d’être condamnés à trois mois de prison ferme.
