Le Dr Mballo Dia Thiam réclame une délocalisation urgente du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor, après plusieurs épisodes d’inondations qui ont endommagé l’établissement. Il estime que les opérations de pompage et de remise en état ne peuvent remplacer une décision durable.
Le centre est implanté dans une zone basse où convergent des eaux de ruissellement. Les inondations ont détérioré des équipements et détruit des archives médicales, techniques et comptables, selon le responsable syndical. La vulnérabilité du site s’inscrit dans un problème plus large : après les fortes pluies du 15 septembre, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, avait jugé le bilan à mi-parcours positif, les eaux ayant été évacuées quelques heures après les précipitations, tout en reconnaissant que le réseau d’assainissement restait sous-dimensionné.
Les pluies du dimanche 4 octobre ont de nouveau mis Dakar à l’épreuve. À Hann Bel-Air, des habitants ont dû être évacués en Zodiac vers des zones moins touchées ; les eaux ont aussi envahi des rues et des habitations à Sangalkam, Yeumbeul Sud, Mbao, Keur Massar et Yoff, tandis que des bassins de rétention débordaient et que la circulation était perturbée. Les relevés provisoires de l’ANACIM ont atteint 142 mm à Rufisque et 138 mm à Yoff. Dans ce contexte, des patients et des soignants ont dû quitter l’hôpital Philippe Maguilen Senghor après les fortes pluies, selon Thierno Alassane Sall, qui a qualifié la situation de « honte nationale » et dénoncé les priorités du régime. Il a également rappelé l’effondrement d’une partie du pont de l’Émergence lors d’un précédent hivernage.
Dans sa contribution, relayée par Rewmi, le secrétaire général national du SUTSAS met en avant les risques pour les patients et le personnel. Il s’interroge sur le maintien des conditions d’hygiène et de stérilité lorsque les eaux envahissent les locaux, d’autant qu’elles pourraient être mêlées à des eaux polluées.
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Les patients hospitalisés, les femmes en couches, les nouveau-nés et les autres malades pourraient devoir être transférés vers d’autres établissements en cas de sinistre. Mballo Dia Thiam signale également les difficultés liées aux installations électriques de la morgue et au fonctionnement du groupe électrogène, qui suscitent des inquiétudes sur la conservation des corps.
Le responsable syndical juge nécessaire la délocalisation du centre de santé et propose de revoir son statut lors d’un éventuel transfert. Il défend l’idée d’en faire un hôpital de niveau 2, afin d’élargir l’offre de soins et d’améliorer les conditions de travail et la sécurité des patients. Il appelle aussi les autorités à envisager une fermeture préventive du site actuel tout en organisant la continuité des soins.
Parmi les emplacements qu’il propose d’étudier figure l’ancien hangar des pèlerins de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Yoff, sous réserve d’études de faisabilité, de disponibilité foncière et du respect des normes techniques et sanitaires.




