Marième Soda Mbacké estime Dakar digne du titre symbolique de capitale de la justice fiscale

À la clôture de la Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité (PAC 2026), la directrice exécutive de CAJUST, Marième Soda Mbacké, a appelé à traduire les constats en actions concrètes. Elle a estimé que Dakar pouvait porter le titre symbolique de « Capitale de la justice fiscale ».

Les discussions ont notamment porté sur les effets des flux financiers illicites, de la fraude fiscale, de l’opacité financière et des pratiques fiscales abusives. Selon Marième Soda Mbacké, ces phénomènes privent les États de ressources susceptibles de financer l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, la protection sociale, l’emploi des jeunes et l’adaptation au changement climatique.

La justice fiscale à Dakar et dans le reste du continent relève aussi, selon elle, de la justice sociale : la fiscalité détermine en partie les moyens dont disposent les États pour répondre aux besoins des populations. EMedia rapporte que la responsable de CAJUST a insisté sur la nécessité de faire contribuer équitablement les acteurs ayant une réelle capacité contributive.

Elle a également prévenu qu’une hausse des recettes publiques ne devait pas se traduire par une pression fiscale accrue sur les ménages, les travailleurs, les petites entreprises et les personnes vulnérables. Elle plaide plutôt pour davantage d’équité dans la contribution, ainsi que pour la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

Cette question des ressources s’inscrit aussi dans un débat plus large sur la dette et le financement des pays africains. Diomaye Faye les a placés au centre d’une réunion de haut niveau aux États-Unis consacrée au pacte pour l’avenir en Afrique, en plaidant pour une réforme de l’architecture financière mondiale. Au Sénégal, le 1er septembre 2026, le ministre des Finances Cheikh Diba a présenté les mesures accompagnant l’accord technique avec le FMI, d’un montant de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de FCFA. La conférence entendait ainsi faire entendre une « voix africaine forte » dans les discussions sur la réforme de l’architecture financière et fiscale internationale, à travers le dialogue et le partage d’expériences entre institutions, organisations de la société civile et experts.

CAJUST a coorganisé cette 14e édition avec le Forum Civil, TrustAfrica et l’ITIE, ainsi qu’avec plusieurs autres partenaires.

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