Le marché de l’or noir traverse une zone de turbulences majeures. Lundi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a alerté sur la détérioration rapide des conditions d’approvisionnement à l’échelle mondiale, poussant les décideurs à étudier une intervention directe pour stabiliser les cours.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a profité d’une réunion des ministres des Finances du G7 pour exposer la gravité de la situation. Invité par Roland Lescure, ministre français de l’Économie dont le pays assure actuellement la présidence du G7, il a dressé un tableau précis de la conjoncture pétrolière actuelle.
Deux facteurs principaux alimentent cette tension. Outre les difficultés persistantes de transit par le détroit d’Ormuz, une part substantielle de la production pétrolière mondiale a été récemment réduite. Cette combinaison crée, selon Fatih Birol, des risques significatifs et croissants pour l’équilibre global du marché.
Pour contrer cette dynamique, une option majeure est désormais sur la table : la libération massive des stocks d’urgence. Le responsable a confirmé que toutes les alternatives ont été discutées avec les ministres présents. Les pays membres de l’AIE disposent d’une marge de manœuvre conséquente pour intervenir, détenant actuellement plus de 1,2 milliard de barils de réserves publiques d’urgence. À ce volume stratégique s’ajoutent 600 millions de barils de stocks industriels soumis à une obligation gouvernementale.
Afin de coordonner une éventuelle action à grande échelle, la direction de l’AIE a intensifié ses consultations diplomatiques. Des contacts étroits sont actuellement maintenus avec les ministres de l’Énergie de plusieurs acteurs clés du secteur, notamment l’Arabie saoudite, le Brésil, l’Inde, l’Azerbaïdjan et Singapour.