Marché d’armement à 45 milliards : deux mandats de dépôt à Dakar

Le marché d’armement de 45 milliards de francs CFA, signé sous l’ancien président Macky Sall, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Selon Africtelegraph, deux personnes mises en cause ont été placées sous mandat de dépôt à Dakar. Cette mesure intervient après une plainte déposée par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), chargée de défendre les intérêts patrimoniaux de l’État sénégalais.

L’information, initialement publiée par PressAfrik et reprise par Africtelegraph, indique que l’AJE a saisi le juge d’instruction, permettant l’ouverture d’une information judiciaire. Après les auditions, les magistrats ont estimé que les charges retenues justifiaient une détention provisoire. Le montant en jeu, 45 milliards de francs CFA (environ 69 millions d’euros), place ce dossier parmi les plus importants contentieux financiers récents au Sénégal.

Le contrat litigieux porte sur l’acquisition d’équipements destinés aux forces de défense et de sécurité. Conclu sous Macky Sall, il s’inscrit dans une période de hausse des budgets sécuritaires liée au contexte sahélien et aux opérations en Casamance. Plusieurs contrats d’armement avaient été passés en procédure dérogatoire, sous couvert de secret-défense, échappant aux contrôles parlementaires. Les nouvelles autorités, avec le tandem Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ont entamé un audit des contrats stratégiques de l’ancien régime.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si les livraisons ont été effectuées, si les prix unitaires sont conformes aux références internationales, et s’il y a eu surfacturations ou commissions occultes. La procédure devra établir si une partie des 45 milliards a été détournée. Ce volet armement est sensible car les fournisseurs sont souvent des sociétés étrangères, ce qui peut compliquer l’entraide judiciaire internationale. Dakar devra concilier transparence et préservation des canaux de coopération militaire avec Paris, la Turquie, Israël et les pays du Golfe.

L’identité des deux personnes incarcérées n’a pas encore été révélée. L’instruction pourrait durer plusieurs mois, en raison de la technicité des pièces comptables et des éventuelles commissions rogatoires à l’étranger. Selon PressAfrik, la procédure entre dans sa phase d’investigation approfondie.

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