Mali : pourquoi les attaques de 2026 ramènent à la question touarègue

Pourquoi des attaques coordonnées contre plusieurs villes maliennes, jusqu’à coûter la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, ramènent-elles à une question ancienne que Bamako n’a toujours pas réglée ? Fin avril 2026, le tableau dressé par Theconversation relie cette nouvelle détérioration sécuritaire à des griefs touaregs restés sans réponse.

En avril 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) s’est allié aux rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) pour mener des attaques contre plusieurs villes du Mali. Ces offensives s’inscrivent, d’après le texte source, dans une recrudescence d’attaques visant l’armée et les institutions de l’État malien ces dernières années.

Cette séquence renvoie à un précédent que le pays a déjà connu en 2012. Cette année-là, les Touaregs et des militants affiliés à Al-Qaïda avaient lancé une offensive contre l’État. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), présenté comme un mouvement séparatiste dominé par les Touaregs, avait tenté de faire sécession et déclenché une rébellion. Fondé en 2011, il regroupait surtout d’anciens combattants revenus de Libye et des Touaregs du nord du Mali, avec environ 10 000 combattants à son apogée en 2012.

Malgré cetïfectif, le MNLA n’avait pas la puissance militaire nécessaire pour garder le contrôle du territoire. Il s’était alors allié à Ansar Dine, à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Après avoir repoussé les forces maliennes fin 2012, cette alliance s’est disloquée. Les groupes islamistes, mieux armés et financés, ont ensuite évincé les séparatistes laïques de villes comme Gao, Tombouctou et Kidal. L’intervention des forces françaises en 2013 a permis au gouvernement malien de reprendre la plupart des territoires perdus.

La suite, elle aussi, est au cœur du raisonnement avancé dans la source. Repliés dans les montagnes et les zones désertiques, AQMI et ses alliés ont adopté des tactiques de guérilla, avec des attentats-suicides et des mines terrestres. Puis, après le retrait des forces françaises en 2022, les groupes islamistes ont vu leur audace renforcée : la pression antiterroriste s’est allégée, les services de renseignement et la logistique ont été perturbés, et un vide sécuritaire s’est créé sur fond de faiblesse des capacités de l’État malien.

Dans ce cadre, le texte met en avant trois ressorts déjà anciens. Le premier est l’absence de réponse aux revendications touarègues sur l’autonomie politique, la marginalisation, la reconnaissance culturelle, le contrôle des ressources, la sécurité et ce qu’elles perçoivent comme une négligence de l’État. Le deuxième tient au recours continu à la force contre les rebelles du nord, avec des dommages collatéraux, des déplacements de population, des arrestations arbitraires et des massacres évoqués dans une analyse récente. Le troisième concerne la répartition inégale des ressources, les revenus des gisements d’or, des mines de sel, des pâturages et des couloirs commerciaux stratégiques du nord restant contrôlés par le centre de l’État basé dans le sud.

Le texte ajoute que les accords de paix précédents ont promis décentralisation, financement et intégration des élites du nord comme des ex-combattants, sans mise en œuvre réelle ou rapide. C’est sur ce point qu’est avancée une issue possible : répondre aux revendications des Touaregs pour réduire les tensions. L’exemple cité est celui de l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, qui a intégré des élites touarègues et d’anciens rebelles dans les institutions, décentralisé l’autorité de l’État et mis en place des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration, avec des investissements orientés vers le pastoralisme, l’éducation, les moyens de subsistance, l’accès à l’eau et la sécurité routière.

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