Jusqu’où peut aller la crispation entre Bamako et Nouakchott ? Jeudi 21 mai, la Mauritanie a adressé une « vive protestation » au Mali après des propos appelant à la violence tenus devant son ambassade dans la capitale malienne. L’ambassadeur du Mali en Mauritanie a été convoqué dans la soirée au ministère mauritanien des Affaires étrangères, qui a dénoncé des actes commis aux abords de sa représentation diplomatique.
Dans la matinée, un petit groupe de manifestants s’était réuni devant l’ambassade de Mauritanie à Bamako. Il s’agissait du Collectif cinq ans ou plus, organisation affichant son soutien aux autorités de transition. Selon les éléments rapportés par RFI Afrique, son porte-parole a accusé la Mauritanie de servir de « refuge » et de « base logistique » à des groupes armés opérant contre le Mali. En lisant une déclaration préparée, il a appelé à incendier les commerces tenus par des Mauritaniens, en réaction à des véhicules brûlés par le Jnim, lié à al-Qaïda, dans le cadre du blocus imposé autour de Bamako.
La séquence s’est poursuivie à l’intérieur de l’ambassade, où des représentants du collectif ont été reçus par le chargé d’affaires mauritanien. Celui-ci a tenté de calmer la situation. Aucun incident n’a ensuite été signalé sur place. Des journalistes de l’ORTM, la télévision d’État, étaient présents au moment de la manifestation.
Cette affaire intervient alors que les rapports entre les deux pays se sont déjà durcis ces derniers mois. Le 15 mars 2026, l’armée malienne avait affirmé que deux de ses soldats, enlevés le 9 octobre 2025, étaient détenus dans un camp de réfugiés en Mauritanie après leur fuite. Cette communication avait provoqué la colère de Nouakchott. En mars et avril, plusieurs incidents sécuritaires avaient aussi été enregistrés le long de la frontière, et des ressortissants mauritaniens avaient été tués au Mali par l’armée malienne.
Dans son communiqué diffusé jeudi soir, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a demandé au Mali d’« empêcher la répétition de tels actes » et a rappelé sa volonté de traiter « toute problématique entre les deux pays » par les voies diplomatiques habituelles. Le ministère malien des Affaires étrangères n’a pas communiqué sur ce dossier, et le pôle anti-cybercriminalité ne s’était pas saisi de l’affaire, alors qu’un communiqué publié le 28 avril disait qu’il ne tolérerait pas les « appels à la haine et à la justice populaire ».
La mairitanie a un etat raciste