En visite au ministère des Affaires étrangères à Bamako, l’émissaire de Washington dévoile la nouvelle doctrine américaine pour maintenir le lien avec le Mali

Le ballet diplomatique se poursuit sur les bords du Djoliba. Alors que les cartes géopolitiques de la sous-région sont redessinées par l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES), les États-Unis tentent d’ajuster leur positionnement vis-à-vis des autorités de transition. C’est dans ce cadre qu’une rencontre de haut niveau s’est tenue ce lundi entre la diplomatie malienne et un représentant du Département d’État, porteur d’un message spécifique sur la nature future des relations bilatérales.

La rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du dialogue politique régulier entre Bamako et Washington, a réuni le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et Nick Checker, haut fonctionnaire au Bureau des affaires africaines du Département d’État américain. L’audience s’est déroulée en présence de l’ambassadrice des États-Unis au Mali, marquant l’importance accordée par l’administration américaine à ce canal de communication.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les discussions ont principalement porté sur la relance de la coopération dans des secteurs stratégiques. La lutte contre le terrorisme, les enjeux de sécurité nationale et sous-régionale, ainsi que la promotion des échanges économiques ont constitué l’ossature des échanges, avec une volonté affichée de bâtir un partenariat « gagnant-gagnant ».

Une garantie de non-ingérence mise sur la table

Le point central de cette audience réside dans la posture adoptée par l’émissaire américain. Nick Checker a transmis un message clair de la part des plus hautes autorités de son pays : Washington souhaite redynamiser sa coopération avec le Mali sur des bases nouvelles. Cette nouvelle approche, telle que présentée par le diplomate, repose explicitement sur le respect mutuel et, point crucial pour Bamako, l’absence de toute forme d’ingérence.

Cette clarification diplomatique intervient alors que le Mali a fait de la souveraineté nationale la boussole de sa politique étrangère. En réponse à cette main tendue, Abdoulaye Diop a salué l’évolution de l’approche américaine. Le chef de la diplomatie malienne a toutefois insisté sur la nécessité d’inscrire cette dynamique dans le cadre des réalités géopolitiques actuelles, en mentionnant spécifiquement la dimension de la Confédération des États du Sahel (AES), nouvelle architecture politique de la région.

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