Quelques jours seulement après une crise sportive majeure ayant coûté une qualification mondiale à son équipe de cricket, Dacca change de posture diplomatique et sportive. Alors que les relations avec le voisin indien restent tendues, le ministère de la Jeunesse et des Sports a validé le déplacement d’une équipe nationale à New Delhi, prenant le contre-pied des inquiétudes sécuritaires précédemment évoquées.
C’est un paradoxe qui illustre la complexité des relations actuelles entre le Bangladesh et l’Inde. Là où le cricket a tracé une ligne rouge, le tir sportif a choisi la voie de la participation. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, une délégation officielle bangladaise a reçu l’autorisation gouvernementale de se rendre à New Delhi pour les Championnats d’Asie de tir, prévus du 2 au 14 février.
Une divergence de stratégie entre fédérations
Cette décision intervient dans un contexte particulier. Récemment, l’équipe nationale de cricket du Bangladesh a refusé de se rendre en Inde, invoquant des problèmes de sécurité liés à la dégradation des relations politiques entre les deux voisins. Ce refus a eu des conséquences lourdes : le Bangladesh a perdu sa place pour la Coupe du monde T20, qui se déroulera du 7 février au 8 mars, et a été remplacé par l’Écosse. L’International Cricket Council (ICC) avait d’ailleurs rejeté la demande de Dacca de délocaliser ses matchs au Sri Lanka, jugeant le changement de calendrier irréalisable.
Pourtant, pour la discipline du tir, l’évaluation des risques semble radicalement différente. La délégation approuvée comprend le tireur Robiul Islam, son entraîneur Sharmin Akhter et Saima Feroze, membre du jury.
Aucune mesure de sécurité exceptionnelle demandée
La confirmation de ce déplacement est venue directement de la partie indienne. Pawan Singh, secrétaire général de la National Rifle Association of India (NRAI), a précisé à l’agence Reuters que la participation du Bangladesh était actée depuis un mois. Il a souligné que les demandes d’autorisation pour toutes les nations étaient en cours de traitement depuis près de trois mois, dans le strict respect des normes de la Fédération internationale de tir sportif (ISSF) et de la charte du CIO.
Fait notable qui contraste avec la position des joueurs de cricket : la délégation de tir n’a sollicité aucun dispositif de sécurité particulier. « L’équipe du Bangladesh est venue à nos tournois à de nombreuses reprises, elle connaît donc bien nos protocoles stricts. C’est peut-être pour cela qu’ils sont confiants et n’ont fait aucune demande spéciale », a expliqué Pawan Singh.
Les athlètes sont attendus à New Delhi pour cette compétition continentale de tir à la carabine et au pistolet, marquant ainsi une continuité dans les échanges sportifs malgré les froissements diplomatiques.