Dans un entretien exclusif accordé à Breitbart News, média conservateur américain proche de Donald Trump, l’ancien président sénégalais Macky Sall a lancé un slogan directement inspiré de la Maison-Blanche : « Make the UN Great Again », ou MUNGA. Le candidat au poste de secrétaire général de l’ONU a multiplié les messages à destination du président américain, qu’il qualifie de « bâtisseur de paix », pour obtenir son appui.
Macky Sall juge que les États-Unis « ont besoin de l’ONU », mais que l’organisation doit être « réformée pour gagner en efficacité ». Il reprend à son compte les critiques émises par l’ambassadeur américain Mike Waltz sur les coupes budgétaires massives et la suppression des mandats redondants, dénonçant plus de 40 000 mandats accumulés depuis 1945 sans évaluation. Il étrille par ailleurs les opérations de maintien de la paix qu’il a observées en Afrique, les qualifiant parfois de « gaspillage d’argent, sans aucune efficacité réelle ».
Ces déclarations musclées visent à sécuriser le soutien de Washington dans une course où le veto d’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité serait rédhibitoire. La candidature de Macky Sall bénéficie déjà de l’appui de la France, mais l’ancien chef d’État cherche à éviter tout blocage américain. Sa profession de foi, dévoilée en mars sous le titre « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », s’articulait autour de la paix, du développement et de la gouvernance – des axes qu’il reformule aujourd’hui en termes chers à l’administration Trump.
Sur le fond, Macky Sall propose de redéfinir les missions onusiennes, de miser sur la prévention et de recourir à l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion. Il souhaite également relocaliser du personnel de New York vers Nairobi ou Bangkok afin de réduire les coûts. Sur le plan sécuritaire, il lie immigration irrégulière et instabilité, appelant à créer de la valeur ajoutée en Afrique pour retenir la jeunesse.
Alors que Amadou Mokhtar Hanne, analyste interrogé par le média sénégalais Rewmi, rappelle les obstacles structurels à une candidature africaine – notamment la rotation géographique qui favoriserait l’Europe et la pression pour une femme – Macky Sall mise sur un discours de rupture. Le scrutin est prévu en septembre prochain.


