Les dirigeants de l’Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, accentuent la pression sur le Premier ministre hongrois Viktor Orban. L’objectif de cette rencontre est de le contraindre à lever son veto sur un programme d’aide financière vital destiné à l’Ukraine, alors que le conflit armé avec la Russie entre dans sa cinquième année.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le bloc des 27 avait initialement validé en décembre l’octroi d’un prêt de 90 milliards d’euros (environ 103 milliards de dollars) à Kiev. Toutefois, le dirigeant hongrois a bloqué son exécution le mois dernier. Le motif officiel de ce revirement repose sur un différend concernant l’oléoduc de l’Amitié (Druzhba), une installation stratégique acheminant le pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie via le territoire ukrainien.
Cette infrastructure a subi des dommages lors d’une attaque russe en janvier dernier. Si l’Ukraine affirme que les travaux de remise en état exigeront du temps, Budapest soutient de son côté que l’oléoduc est déjà en état de fonctionner. Pour tenter de sortir de cette impasse diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a accepté cette semaine de procéder aux réparations avec l’appui technique et financier de l’Union européenne.
L’attitude de la Hongrie suscite de vives réactions au sein du Conseil européen, dont la crédibilité se trouve mise à l’épreuve. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE, a rappelé l’urgence absolue de soutenir l’effort de guerre ukrainien, soulignant que les réserves financières de Kiev pourraient s’épuiser d’ici quelques semaines. Le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, a pour sa part accusé son homologue hongrois de trahison, lui reprochant d’instrumentaliser la situation ukrainienne à des fins de politique intérieure.
En difficulté dans les sondages à l’approche des élections prévues le 12 avril, Viktor Orban a en effet durci le ton. Le dirigeant nationaliste, régulièrement salué par Donald Trump et considéré comme un relais des intérêts de Vladimir Poutine au sein de l’UE, a axé une partie de sa stratégie électorale sur la présentation de Volodymyr Zelenskyy comme une menace existentielle pour la Hongrie.