L’UNICEF dévoile la part de mineurs sénégalais exposés aux contenus sexuels en ligne

Une récente étude sur la protection des enfants en ligne au Sénégal, restituée ce mercredi à Dakar, dresse un état des lieux des risques numériques. Coordonnée par la CONAFE-SN, l’UNICEF et Save the Children International, elle évalue l’exposition des mineurs aux violences sur internet.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, 60 % des enfants utilisent le web quotidiennement au Sénégal. L’enquête, menée de janvier à novembre 2025 par le cabinet Bantare Impact Groupe auprès de plus de 1 000 jeunes de six régions (Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Kédougou et Tambacounda), révèle que 41,25 % d’entre eux sont confrontés à des contenus à caractère sexuel, inadaptés ou violents. Ces risques précèdent de peu les menaces de prédation et d’exploitation sexuelle.

L’experte Aïcha Awa Ba précise que les réseaux sociaux constituent les plateformes où les mineurs sont les plus vulnérables au harcèlement et à l’intimidation. Par ailleurs, 40 % des enfants perçoivent les échanges via WhatsApp ou SMS comme le deuxième espace numérique le plus dangereux. Près d’un mineur sur dix déclare avoir été victime de cyberharcèlement, une expérience que beaucoup peinent encore à identifier et à nommer clairement.

Face à ces agressions, une grande partie des jeunes opte pour le silence. L’étude indique que devant des contenus violents ou sexuels, 46 % des victimes choisissent simplement de les supprimer de leurs appareils et 31 % gardent l’incident secret. L’enquête précise que seuls 19 % d’entre eux décident d’alerter un parent ou une autorité compétente pour obtenir de l’aide.

Fabienne Landerer, représentante de l’UNICEF, relève que malgré l’existence de cadres juridiques alignés sur les standards internationaux et d’acteurs mobilisés au Sénégal, la réponse institutionnelle demeure « très fragmentée, inégalement connue et parfois insuffisamment outillée face à l’évolution tellement rapide des usages ». Le rapport souligne la nécessité d’une meilleure coordination des mécanismes de signalement et invite à une réflexion collective impliquant notamment les parents et le secteur privé.

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