L’Onde de Choc Epstein Atteint Davos : Le Président du Forum Économique Mondial Démissionne

L’ombre de Jeffrey Epstein continue de s’étendre sur les cercles du pouvoir mondial, emportant cette fois l’une de ses figures les plus emblématiques. Borge Brende, président et directeur général du Forum Économique Mondial (WEF), a annoncé sa démission, devenant le dernier nom d’une liste croissante de personnalités compromises par leurs liens avec le défunt financier et délinquant sexuel.

Dans une déclaration officielle publiée jeudi, l’ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, à la tête de l’organisation de Davos depuis 2017, a évoqué une décision mûrement réfléchie après huit années et demie « profondément enrichissantes ». Évitant soigneusement toute mention du nom d’Epstein, M. Brende a justifié son départ par la nécessité pour le Forum de poursuivre son « travail important sans distractions ».

Ces « distractions » font suite à des révélations explosives issues de documents judiciaires américains, détaillant trois dîners d’affaires et des échanges par courriel et SMS entre M. Brende et Jeffrey Epstein. Ces contacts ont poussé le WEF à lancer une enquête indépendante, dont les conclusions, selon le conseil d’administration, n’ont révélé « aucune préoccupation supplémentaire ». Une conclusion qui peine à éteindre l’incendie.

Face à la controverse, Borge Brende avait plaidé l’ignorance. Il a affirmé avoir été présenté à Epstein en 2018 comme un simple « investisseur américain » lors d’un dîner organisé par l’ancien homme politique norvégien Terje Rod-Larsen. « J’ignorais totalement le passé et les activités criminelles d’Epstein », a-t-il déclaré, exprimant son regret de ne pas avoir mené de vérifications plus approfondies. Un mea culpa tardif qui n’a pas suffi à sauver sa position.

La démission de M. Brende n’est pas un événement isolé, mais le symptôme d’un séisme qui secoue les élites bien au-delà de la Suisse. En Norvège, pays natal de M. Brende, l’affaire a pris des allures de scandale d’État, éclaboussant l’ancien Premier ministre Thorbjorn Jagland, le couple de diplomates Terje Rod-Larsen et Mona Juul, et même la princesse héritière Mette-Marit, contrainte à des excuses publiques.

L’onde de choc traverse l’Europe. Au Royaume-Uni, le prince Andrew et l’ancien ministre Peter Mandelson ont été arrêtés. En France, une enquête vise l’ancien ministre de la Culture Jack Lang. En Slovaquie, Miroslav Lajcak, ancien président de l’Assemblée générale de l’ONU, a dû quitter son poste de conseiller à la sécurité.

Alors que le WEF nomme Alois Zwinggi comme président par intérim, la question demeure. Comment une organisation prônant la transparence et l’éthique au plus haut niveau a-t-elle pu être si exposée ? La chute de Borge Brende illustre la vulnérabilité d’un système où les réseaux d’influence et les présentations en catimini peuvent ouvrir les portes des personnalités les plus puissantes aux prédateurs les plus dangereux.

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