La question de la protection de l’enfance et des conditions de vie des talibés revient au centre de l’actualité à travers un témoignage relayé par nos confrères de Kawtef. Une commerçante, confrontée à la détresse d’un jeune garçon errant à la tombée de la nuit, a tenté d’activer les leviers institutionnels pour le protéger. La suite donnée à cette démarche citoyenne suscite aujourd’hui de vives inquiétudes quant à la sécurité immédiate du mineur.
La rencontre s’est déroulée dans un marché, alors que l’obscurité s’installait. La dame affirme avoir croisé le chemin de Mouhamed, un enfant âgé de moins de 10 ans, livré à lui-même. Selon les déclarations recueillies sur place, le garçon aurait pris la fuite pour échapper à la colère de son maître coranique. Le motif invoqué par l’enfant repose sur son incapacité à réunir la somme d’argent quotidienne exigée par la mendicité, une situation qui l’exposait, selon ses dires, à des châtiments corporels.
Face à cette vulnérabilité manifeste, la commerçante a pris la décision de conduire le garçon au commissariat de police le plus proche, espérant ainsi le placer sous la protection des autorités compétentes. C’est à cet instant que le récit prend une tournure inattendue. D’après le témoignage fourni, les agents en service auraient pris la décision de reconduire l’enfant directement chez son maître, et ce, malgré les pleurs et la réticence affichée par le jeune Mouhamed.
Depuis cette intervention, la situation de l’enfant semble s’être considérablement dégradée. La témoin indique n’avoir plus revu le garçon dans le secteur. Des informations qu’elle aurait glanées auprès d’autres talibés fréquentant la zone laissent entendre que Mouhamed serait désormais enfermé et subirait des mauvais traitements réguliers en représailles de sa tentative de fuite.
La citoyenne, qui affirme avoir tenté de relancer les services de police sans succès, se dit aujourd’hui ignorée par l’institution. Elle lance un appel public pour qu’une intervention soit menée afin de vérifier l’état de santé et les conditions de détention présumées de l’enfant avant qu’un drame ne survienne.