Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a donné pour instruction à son armée d’élargir ses opérations terrestres dans le sud du Liban. Cette décision intervient dans un contexte d’intensification des affrontements, marqués par un lourd bilan humain et la mort de plusieurs professionnels des médias.
Dans une déclaration vidéo enregistrée depuis le Commandement Nord dimanche, Benjamin Netanyahu a annoncé sa volonté de modifier fondamentalement la situation sécuritaire frontalière. Son objectif affirmé est d’étendre la zone tampon existante, en reproduisant le modèle d’occupation mis en place à Gaza.
Conformément à ces directives, les forces israéliennes ont progressé dans plusieurs secteurs du sud du Liban. Selon les informations d’Al Jazeera, les troupes ont atteint un affluent du fleuve Litani, au sud de la ville de Qantara, sur le front est près d’al-Muhaysibat. Cette avancée, située à quelques centaines de mètres du fleuve principal par endroits, marque un changement stratégique majeur sur le terrain.
Ces affrontements font suite à l’implication directe du Hezbollah dans le conflit début mars, en riposte à la mort de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Le bilan humain de cette escalade continue de s’alourdir. Le ministère libanais de la Santé indique qu’au moins 1 238 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, dont 124 enfants, et plus de 3 500 autres ont été blessées. Les Nations Unies recensent pour leur part plus de 1,2 million de déplacés. Sur le seul week-end, 49 décès ont été enregistrés, incluant dix secouristes et trois journalistes.
Les funérailles de ces trois professionnels des médias se sont tenues dimanche à Choueifat, au sud de Beyrouth. Ali Shoeib, correspondant pour la chaîne Al-Manar, ainsi que Fatima Ftouni et son frère caméraman Mohammad Ftouni, travaillant pour Al Mayadeen, ont perdu la vie samedi lors d’une frappe sur leur véhicule à Jezzine. L’armée israélienne a justifié cette attaque en qualifiant Ali Shoeib de « terroriste » et d’agent de renseignement du Hezbollah, sans toutefois fournir de preuves, et n’a pas commenté la mort des deux autres victimes.
Cette frappe a suscité la réaction du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a rappelé sur France 3 que les journalistes travaillant en zone de guerre ne doivent jamais être ciblés. Il a souligné que si le ciblage délibéré par l’armée israélienne était confirmé, il s’agirait d’une violation flagrante du droit international.
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) documente la mort d’au moins 11 journalistes et employés de presse libanais sous les tirs israéliens depuis le début des hostilités en 2023. L’organisation précise également que 210 professionnels des médias palestiniens ont été tués par l’armée israélienne dans la bande de Gaza entre octobre 2023 et le cessez-le-feu d’octobre 2025.