Les autorités indiennes ont procédé à l’arrestation de plusieurs ressortissants étrangers, sous le coup de la législation antiterroriste nationale. Ces interpellations interviennent dans un contexte de surveillance accrue des frontières et d’activités militaires clandestines impliquant des pays voisins.
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, les forces de l’ordre indiennes ont appréhendé sept individus le 13 mars dans trois aéroports différents du pays : Kolkata, Lucknow et New Delhi. L’Agence nationale d’investigation (NIA), principale instance de lutte contre le terrorisme en Inde, les accuse d’avoir pénétré illégalement dans la région nord-est du pays, notamment dans l’État du Mizoram, dépourvus des autorisations requises, afin de traverser la frontière vers le Myanmar.
L’objectif présumé de cette incursion consistait à former des groupes armés birmans, opposés à la junte militaire, à la guerre des drones. La NIA a précisé devant un tribunal de New Delhi que les accusés seraient impliqués dans l’importation de lots importants de drones depuis l’Europe vers le Myanmar via le territoire indien. Parmi les personnes arrêtées figurent six citoyens ukrainiens ainsi que l’Américain Matthew Aaron VanDyke, fondateur d’une société de conseil en sécurité basée à Washington qui a précédemment opéré en Irak, en Libye et en Ukraine.
En parallèle de cette affaire, la police locale a arrêté deux autres touristes américains dans la ville méridionale de Kochi, située dans l’État du Kerala. Ces derniers ont été interpellés pour avoir fait voler des drones à proximité du quartier général des garde-côtes, une zone strictement interdite à ce type d’appareils. Cette base navale abrite actuellement plus de 180 membres d’équipage du navire de guerre iranien IRIS Lavan, accueilli par l’Inde à la suite d’exercices militaires conjoints.
La dimension internationale de ces arrestations a suscité des réactions diplomatiques immédiates. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a fermement rejeté toute implication de l’État dans ces activités, exigeant la libération de ses ressortissants et accusant la Russie de chercher à diviser les diplomaties indienne et ukrainienne. De son côté, la diplomatie russe a dénoncé une exportation de l’instabilité par Kiev. Des responsables de la NIA ont par ailleurs indiqué à la presse internationale qu’il était envisageable que les services de renseignement russes aient fourni des informations sur les mouvements de ces ressortissants étrangers.
Sollicitée, l’ambassade des États-Unis en Inde a confirmé être informée de la situation de ses citoyens, mais s’est abstenue de tout commentaire détaillé en invoquant des raisons de confidentialité.