La tension monte entre la Direction de Mobile Cash SA et ses travailleurs. Engagée dans une procédure de licenciement pour motif économique, l’entreprise a saisi l’Inspection régionale du Travail de Dakar afin de poursuivre le processus, après une première réunion de concertation avec les délégués du personnel.
Dans une note adressée à l’Inspecteur régional du Travail et de la Sécurité sociale, la Direction générale indique qu’une rencontre initiale s’est tenue sous l’égide des services compétents. À l’issue de celle-ci, il avait été demandé aux deux parties « de tenir une deuxième réunion de consultation en interne afin d’examiner les possibilités de consensus et d’identifier des solutions alternatives au projet de licenciement pour motif économique », avant de revenir devant l’autorité administrative.
Mais sur le terrain social, le climat est explosif. Des travailleurs de MIXX, la marque commerciale de Mobile Cash, dénoncent un « abus manifeste de pouvoir » et une « irresponsabilité caractérisée » de la Direction générale. Ils contestent notamment les critères ayant conduit à l’établissement d’une liste d’employés, dont certains cumulent plus de dix ans d’ancienneté.
« Sur quelle base ces noms ont-ils été choisis ? Quels sont les critères de sélection ? Toutes les voies de recours ont-elles été mises en œuvre pour éviter ces licenciements ? », s’interrogent-ils dans une note d’information transmise à Senego, avant d’asséner : « Il s’agit tout simplement d’un licenciement abusif. »
Selon les représentants des travailleurs, trois employés ont déjà reçu leur lettre de licenciement pour motif « prétendument économique », avec pour seule indemnité « un mois de salaire ». Une situation qui, à leurs yeux, traduit « une méconnaissance grave de la législation du travail » et « un mépris notoire du salarié et de son avenir ».
Le ton se durcit encore davantage dans leur déclaration. « Le syndicat, avec les employés, se dressera devant cette ignominie sans nom », préviennent-ils, promettant de tenir la Direction générale « responsable de tout ce qui se passera à la suite de ces agissements ».
Alors que la procédure suit son cours sous le regard de l’Inspection du travail, le dialogue social apparaît plus que jamais fragilisé au sein de Mobile Cash SA, sur fond d’accusations croisées entre travailleurs et patronat.