Libérée par l’Hexagone, l’activiste iranienne attaque une liberté fondamentale française dès son retour à Téhéran

L’étudiante et traductrice iranienne Mahdieh Esfandiari a regagné Téhéran ce mercredi après plus d’un an de détention en France. Ce rapatriement concrétise un chassé-croisé diplomatique intervenu une semaine après la libération de deux ressortissants français incarcérés en République islamique.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la télévision d’État iranienne a diffusé mercredi les premières déclarations de Mahdieh Esfandiari à son arrivée. Qualifiée de militante des droits par les médias officiels, l’ancienne détenue a vivement critiqué le système judiciaire français. « Je pense qu’il est clair pour tout le monde qu’il n’y a pas de liberté d’expression, du moins pas dans la France où j’étais. La décision du tribunal a été très injuste », a-t-elle affirmé lors de la retransmission.

Installée en France depuis 2018 et diplômée de l’Université de Lyon, elle exerçait la profession de traductrice. Son arrestation remonte à février de l’année dernière sous des accusations d’apologie du terrorisme. Elle avait été remise en liberté sous caution en octobre. La justice française l’a ensuite condamnée à une peine d’un an d’emprisonnement en raison de commentaires publiés en ligne, dans lesquels elle soutenait la cause palestinienne et l’offensive menée par le Hamas contre Israël en 2023.

Ce retour s’inscrit dans le sillage direct de la libération de Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans. Arrêtés par les autorités iraniennes en mai 2022 pour des accusations d’espionnage fermement rejetées par leurs proches, les deux Français avaient quitté la prison en novembre dernier. Placés en résidence surveillée au sein de la mission diplomatique française à Téhéran, ils ont recouvré une liberté totale le 7 avril. Ils ont été acheminés en voiture vers l’Azerbaïdjan voisin avant de s’envoler pour Paris.

Bien que le gouvernement français n’ait pas formellement employé le terme d’échange, l’agence de presse officielle iranienne IRNA avait précédemment évoqué un accord liant le sort des citoyens français à celui de Mahdieh Esfandiari. Le bureau du président Emmanuel Macron a mentionné l’aboutissement d’un effort de longue haleine. Les pourparlers ont toutefois connu une nette accélération ces dernières semaines, la pression engendrée par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran imposant une urgence nouvelle aux tractations. Cette accélération diplomatique s’aligne sur une séquence de fortes turbulences régionales, marquée par la poursuite des opérations militaires américaines et un niveau d’alerte maximal au Moyen-Orient.

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