Liban : 303 morts en une journée, les médecins de Beyrouth révèlent le profil inattendu des patients en réanimation

La capitale libanaise a basculé dans le chaos après une série de bombardements d’une intensité rare. Face à l’urgence, les centres hospitaliers de Beyrouth ont été pris d’assaut par des centaines de personnes, confrontant le personnel soignant à un afflux massif de victimes et à des scènes de détresse inédites.

Mercredi, les forces israéliennes ont bombardé plus de 100 cibles à travers le pays en l’espace de 10 minutes. Cette offensive est intervenue malgré un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, que de nombreux observateurs pensaient applicable au Liban. Selon un bilan provisoire publié jeudi par le ministère libanais de la Santé publique, ces attaques ont fait 303 morts et 1 150 blessés.

L’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) s’est retrouvé à l’épicentre de cette crise. Le Dr Salah Zeineldine, médecin-chef de l’établissement, a confié à Al Jazeera avoir reçu environ 76 blessés en moins d’une heure, dont six n’ont pas survécu. Contrairement aux affirmations d’Israël indiquant viser le Hezbollah soutenu par l’Iran, les victimes sont majoritairement civiles. Le médecin a précisé qu’une grande partie des blessés graves étaient des enfants, révélant que les deux patients admis directement en unité de soins intensifs étaient des nourrissons âgés de quelques mois et de quelques semaines.

Les blessures et décès résultent principalement d’écrasements et de traumatismes crâniens causés par l’effondrement des bâtiments. Au sein de l’hôpital universitaire Rafik Hariri, un coordinateur de Médecins Sans Frontières (MSF) a décrit des familles affluant avec des photos, à la recherche de leurs proches disparus. Le bilan humain dépasse d’ores et déjà les 218 morts de l’explosion du port de Beyrouth en 2020.

Les équipes médicales décrivent une tactique de frappes simultanées et sans avertissement préalable. Le Dr Antoine Zoghbi, président de la Croix-Rouge libanaise, a évoqué des attaques menées sur plusieurs régions en même temps. À l’hôpital Geitawi, le Dr Alain Kortbaoui a souligné l’état de choc des patients, dont certains ont perdu tout souvenir de l’événement après avoir été ensevelis sous les décombres.

Cette escalade met à l’épreuve un système de santé déjà fragilisé par la crise économique qui frappe le pays depuis 2019. Les importations de médicaments sont bloquées et les coupures de courant obligent les établissements à fonctionner sur générateurs. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d’ailleurs averti que plusieurs hôpitaux libanais pourraient épuiser leurs kits médicaux d’urgence pour les traumatismes d’ici quelques jours.

Face à cette situation, la Croix-Rouge libanaise, unique fournisseur des banques de sang du pays, a lancé un appel aux dons largement relayé sur les réseaux sociaux. Cette initiative a entraîné une forte mobilisation des citoyens et des étrangers résidant à Beyrouth. L’intervention médicale se poursuit, tandis que les secouristes continuent d’extraire des victimes des bâtiments détruits.

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2 commentaires

  1. Encore Les SIONAZIS ! Ils ont fini par donner raison à tous les antisémites de la planète. Cherchez la définition du NAZISME et vous la trouverez pareille aux SIONISME. Hitler voulait une espace de vie pour la race allemande en attaquant les peuples de l Est Européens, eh bien c est la politique et le but des SIONISTES; Du Nil à L Euphrate, Le Grand n importe quoi.

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