Comment sortir du blocage budgétaire sans mettre en péril les services essentiels ? Après le rejet du PLFR à l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a exposé sa position, sous la présidence d’Aïssata Tall Sall.
Dans cette prise de parole rapportée par EnQuête+, la cheffe du groupe a estimé que la loi rectificative était déjà compromise par la loi de finances initiale. Elle a rappelé que son camp contestait la sincérité du budget dès décembre 2025.
Aïssata Tall Sall a reproché au Pastef d’avoir, selon elle, surestimé les recettes et augmenté les dépenses de fonctionnement, tout en réduisant de 555 milliards de FCFA les dépenses d’investissement. Elle a aussi affirmé que le déficit budgétaire dépasserait 7 %, soit plus du double de la norme communautaire de l’UEMOA.
La présidente de Takku Wallu a relié ces chiffres aux difficultés de personnes et d’entreprises : des marchés publics exécutés mais non payés, des jeunes diplômés en attente d’emplois et des villages qui espèrent des forages, des pistes ou des salles de classe. Elle a également évoqué le durcissement annoncé de la répression fiscale pour des entreprises fragilisées.
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Le groupe conteste la procédure suivie lors de l’examen parlementaire. En séance plénière, une question préalable déposée par la majorité a été adoptée par 109 voix contre 20, avec trois abstentions. La procédure s’est alors arrêtée avant le débat sur le fond, auquel aucun groupe n’a pu prendre part.
Aïssata Tall Sall a décrit le différend comme une rivalité entre deux anciens alliés, l’un à la tête de l’exécutif et l’autre à la présidence de l’Assemblée nationale. La majorité a, de son côté, lié son refus de voter la LFR et la loi de finances 2027 à l’encadrement légal des fonds spéciaux. Takku Wallu dit soutenir le principe de transparence, mais refuse que le pays soit, selon ses termes, pris en otage par ce différend.
Le groupe affirme vouloir éviter le blocage des institutions. Aïssata Tall Sall a notamment averti que le paiement des agents publics, le fonctionnement des hôpitaux, des écoles et des services essentiels, ainsi que les engagements du Sénégal envers ses partenaires, ne devraient pas pâtir de la rivalité politique.
Le 23 octobre, en commission des finances, Takku Wallu s’était abstenu lors du rejet du projet de loi, après avoir expliqué publiquement sa position.





