L’interpellation d’un technicien de maintenance de 27 ans pour une affaire de stupéfiants a pris une tournure inattendue à Dakar. Initialement poursuivi pour détention de drogue, le mis en cause fait désormais face à un dossier judiciaire considérablement alourdi par de nouvelles découvertes des enquêteurs.
T. S. Pam, domicilié à Saly, a été arrêté aux Almadies par la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) en possession de comprimés d’ecstasy. Selon les informations relayées par Kawtef, c’est l’exploitation de son téléphone portable qui a réorienté l’enquête. Les limiers y ont découvert une série de vidéos intimes le mettant en scène dans des relations homosexuelles.
Déféré dans un premier temps pour détention de stupéfiants et placé sous mandat de dépôt, le jeune homme a vu la procédure s’étendre suite à ces découvertes. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance (TGI) hors classe de Dakar a ordonné à la Brigade de Recherches (BR) de Faidherbe d’ouvrir une enquête complémentaire. Les nouvelles charges visent des faits présumés d’actes contre-nature et de péril sanitaire, liés à la transmission volontaire du VIH.
Extrait de sa cellule sur instruction du parquet, le mis en cause est passé aux aveux lors de son audition. Il a expliqué aux enquêteurs que ses premières attirances pour le même sexe se sont manifestées durant ses études à Dakar, avant de se confirmer lors d’un séjour d’études au Maroc. Il a également déclaré avoir été victime d’un abus sexuel en 2023, après avoir été drogué à son insu lors d’une soirée.
De retour au Sénégal en 2024, il a entretenu des relations avec plusieurs partenaires, dont un architecte gabonais nommé Hubert et un individu rencontré via l’application Snapchat. Concernant son état de santé, le technicien a affirmé qu’il ignorait sa séropositivité jusqu’au jour de son arrestation, son dernier test remontant à 2019. Il a indiqué soupçonner son ancien partenaire Hubert de lui avoir transmis le virus. Les tests de dépistage effectués durant la procédure actuelle se sont révélés positifs et ont été versés au dossier.
Les éléments numériques ont été placés sous scellés. Au terme de l’enquête, des indices graves et concordants ont été retenus contre lui. Le mis en cause a été déféré ce lundi 16 mars 2026 devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, en vertu des articles 319 et 370 du Code pénal, réprimant les actes contre-nature et la transmission volontaire du VIH.