L’Assemblée nationale française a statué mercredi soir sur deux tentatives de renversement du gouvernement, portées par les oppositions. Ce vote décisif intervient dans un contexte de tensions autour des orientations stratégiques du pays et marque une étape institutionnelle majeure pour l’exécutif.
Selon l’agence Anadolu, les députés ont largement rejeté les deux motions de censure déposées par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI). Ces initiatives visaient à contester la publication par décret, le 13 février, de la nouvelle feuille de route énergétique de l’exécutif. La motion du RN a recueilli 140 suffrages et celle de LFI 108, des scores éloignés de la majorité absolue de 289 voix requise pour faire chuter le gouvernement. Ce résultat parlementaire lève le dernier obstacle avant un remaniement gouvernemental annoncé comme imminent.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a défendu sa politique tout en fustigeant la démarche des deux groupes d’opposition, qualifiée de « désordre politique inutile ». Ciblant ses adversaires, le chef du gouvernement a accusé le RN de s’appuyer sur des « chiffres inventés » et reproché aux élus de LFI de « préférer importer du gaz russe que de produire de l’électricité nucléaire décarbonée française ».
La contestation des oppositions portait sur le contournement du Parlement concernant un dossier engageant le mix énergétique français jusqu’en 2035. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a dénoncé l’absence de débat et de vote sur ce texte fixant la part du nucléaire, de l’éolien, du solaire et de l’hydraulique. Pour justifier l’adoption par décret, Sébastien Lecornu a affirmé qu’un report supplémentaire serait préjudiciable à la souveraineté nationale, le gouvernement misant sur une relance de la consommation d’électricité nucléaire pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.