Les syndicats de l’hôpital de Saint-Louis pointent une manœuvre budgétaire qui a privé les contractuels de 7 mois d’indemnités

Le climat social se tend au Centre hospitalier régional de Saint-Louis, où le personnel contractuel a décidé de briser le silence face à une situation financière devenue critique. Réunis ce mercredi 18 février 2026, les travailleurs ont exposé des difficultés persistantes liées à leurs rémunérations, pointant du doigt une gestion administrative qui crée des disparités incomprises au sein même du système de santé public.

Regroupés au sein de l’Alliance 4S — une coalition réunissant le SUTSAS, le SATSUS, le SAMES et le SAS — les syndicalistes ont tenu un point de presse pour exiger le règlement immédiat de sept mois d’arriérés d’indemnités de logement. Selon Moustapha Diop, représentant du personnel au Conseil d’Administration et coordonnateur de l’alliance, cette situation résulte de dysfonctionnements qui pénalisent spécifiquement les contractuels de l’établissement, alors que d’autres structures sanitaires du pays ont déjà perçu leurs dus.

L’origine du blocage, selon les informations relayées par Sud Quotidien, ne serait pas un simple retard de trésorerie, mais une décision budgétaire actée en haut lieu. Les syndicalistes affirment que les crédits initialement prévus pour couvrir ces indemnités auraient été réaffectés à d’autres postes lors du vote de la Loi de finances rectificative de 2025. « On nous dit que l’argent qui devait servir à payer ces indemnités a été affecté ailleurs », a déploré Moustapha Diop, soulignant l’incompréhension des agents face à des collègues d’autres hôpitaux qui ont déjà reçu leurs indemnités et motivations spéciales.

Face à ce qu’ils qualifient de paiements à « géométrie variable », les travailleurs ont fixé un ultimatum clair aux autorités du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Ils exigent que l’intégralité des arriérés soit apurée au cours de ce premier trimestre 2026. Au-delà du paiement, l’Alliance 4S réclame l’ouverture de négociations sérieuses pour corriger une iniquité structurelle : si le personnel technique bénéficie de l’indemnité, le personnel administratif et d’autres catégories de contractuels en restent exclus, malgré le décret présidentiel visant la généralisation de cet avantage dans la Fonction publique.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire