Les journalistes gambiens menacent de saisir deux niveaux de juridiction en cas de vote de la loi

Un projet de loi visant à encadrer l’exercice du journalisme et les réseaux sociaux suscite une vive opposition en Gambie. Réunis en urgence au début du mois d’avril, les professionnels de l’information ont unanimement rejeté ce texte.

Selon les informations rapportées par IGFM, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son affilié local, le Gambia Press Union (GPU), dénoncent une initiative destinée à museler la presse et à restreindre la liberté d’expression. Les acteurs du secteur estiment que le dispositif ouvrirait la voie à des décisions arbitraires pour déterminer qui est autorisé à exercer la profession.

Lors de la rencontre tenue le 8 avril avec des organisations de la société civile, les professionnels des médias ont officiellement prévenu que si la réforme venait à être adoptée, elle serait attaquée devant les juridictions locales et régionales. Face à la situation, la présidente du GPU, Isatou Keita, a exclu toute participation aux consultations, arguant qu’une telle démarche reviendrait à légitimer un système de contrôle mis en place par l’État.

Cette position est partagée par le secrétaire général de l’organisation, Modou S. Joof, qui souligne un recul des acquis démocratiques enregistrés depuis la transition en Gambie. Au-delà de la presse traditionnelle, le texte de loi encadre également les contenus diffusés en ligne, alimentant les craintes d’une surveillance accrue de l’espace numérique.

Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a rappelé le principe selon lequel aucun gouvernement démocratique ne doit s’arroger le droit de décider des personnes aptes à exercer le journalisme.

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