Les deux matchs du Mondial 2026 boudés après la nouvelle vente de la FIFA

À cinquante jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la FIFA a mis en ligne une nouvelle vague de billets. Cette démarche intervient dans un climat de mécontentement général face à la politique tarifaire appliquée pour la compétition.

La fédération internationale de football a ouvert mercredi une phase de vente de dernière minute, proposant des billets pour l’intégralité des 104 matchs sous le principe du premier arrivé, premier servi. Cette cinquième mise sur le marché diffère des précédentes annonces de l’instance, qui avait présenté l’étape du 1er avril comme la quatrième et dernière. Malgré les affirmations de la FIFA prévoyant de battre le record d’affluence de 3,5 millions de spectateurs établi en 1994, la disponibilité actuelle de ces places soulève des interrogations sur le remplissage réel des stades.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un porte-parole de la FIFA a précisé que cette mise en vente s’inscrit dans un processus continu qui s’étendra jusqu’à la finale du 19 juillet, en fonction des disponibilités. L’instance rejette les hypothèses liant le volume des ventes au niveau des prix, qualifiant la demande de forte.

Pourtant, la question financière cristallise les critiques. Les promesses initiales du dossier de candidature nord-américain, qui évoquaient des places à partir de 21 dollars, contrastent avec la réalité de la billetterie. Les billets les moins chers grand public sont fixés à 60 dollars et distribués en quantité limitée. Le tarif de la finale a quant à lui atteint près de 11 000 dollars, contre les 1 550 dollars maximum annoncés à l’origine. À titre de comparaison, le siège le plus onéreux pour la finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar coûtait environ 1 604 dollars.

Simon Chadwick, professeur à l’Emlyon Business School, a expliqué à Al Jazeera que la FIFA utilise un modèle de tarification variable. Cette méthode ajuste les prix en temps réel selon l’offre et la demande. Il souligne qu’il s’agit d’une tentative d’optimiser les rendements financiers sur le marché américain, au risque d’exclure une partie du public. Face à ces pratiques, des législateurs américains ont réclamé une baisse des prix, comme le rapporte l’agence Reuters. La FIFA soutient de son côté appliquer une tarification variable gérée manuellement plutôt qu’un système dynamique automatisé.

Les répercussions de cette grille tarifaire se font ressentir sur certaines rencontres. Un document interne daté du 10 avril révèle que les ventes stagnent pour l’entrée en lice des États-Unis face au Paraguay le 12 juin à Inglewood. Seuls 40 934 billets ont trouvé preneurs pour cette affiche, considérée comme la troisième plus chère du tournoi. De même, la confrontation entre l’Iran et la Nouvelle-Zélande enregistre 50 661 places vendues.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a publiquement défendu ces montants. Il a rappelé que l’événement constitue l’unique source de revenus de l’organisation sur un cycle de quatre ans. En tant qu’entité à but non lucratif, la FIFA redistribue ces fonds pour soutenir ses 211 nations membres. Les plateformes de billetterie continuent cependant d’essuyer les critiques des acheteurs, signalant des files d’attente virtuelles prolongées et des dysfonctionnements techniques.

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