Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait l’objet de vives pressions et d’appels à la démission à la suite de révélations concernant l’ancien ambassadeur à Washington, Peter Mandelson. Ce dernier a accédé à ce poste malgré un échec lors de ses vérifications de sécurité.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le gouvernement britannique a indiqué ce jeudi que ni Keir Starmer ni ses ministres n’étaient au courant de l’intervention du ministère des Affaires étrangères. Ce département aurait outrepassé les recommandations sécuritaires pour accorder l’habilitation à Peter Mandelson. Limogé en septembre dernier, moins d’un an après sa nomination, l’ancien ambassadeur est mis en cause pour ses liens avec le défunt délinquant sexuel Jeffrey Epstein.
Le dossier révèle que l’homme politique de 72 ans s’était vu refuser son accréditation fin janvier 2025, à la suite d’un contrôle de fond approfondi. Face à l’annonce déjà publique de sa nomination, des responsables du ministère ont eu recours à une autorité exceptionnelle pour ignorer l’avis défavorable. Bien que Keir Starmer ait présenté des excuses, il affirme que la procédure a été respectée dans son ensemble et accuse Peter Mandelson d’avoir menti sur l’étendue de ses relations avec Jeffrey Epstein.
Les chefs de l’opposition condamnent cette gestion de crise. Kemi Badenoch, dirigeante du Parti conservateur, et Sir Ed Davey, leader des Libéraux-démocrates, reprochent au chef du gouvernement d’avoir trompé le Parlement. Le Parti vert et Reform UK se sont joints à ces critiques pour exiger le départ du Premier ministre.
Sur le plan judiciaire, la police mène une enquête visant Peter Mandelson pour des allégations de faute dans l’exercice de fonctions publiques. Arrêté puis libéré sous caution en février, il est soupçonné d’avoir transmis des documents sensibles à Jeffrey Epstein alors qu’il occupait un poste de ministre, des fuites qui se seraient déroulées pendant la crise financière de l’année 2008.