Les acteurs institutionnels et privés du secteur de l’énergie se sont réunis ce mardi à Dakar lors d’un forum consacré à la gouvernance. À l’aube de l’exploitation pétro-gazière du pays, l’objectif affiché par les autorités est d’utiliser le cadre réglementaire pour stabiliser le marché, attirer les investissements et protéger les usagers face aux mutations technologiques.
Selon les informations de Sud Quotidien, cette rencontre a permis au ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, de fixer un cap précis : garantir l’accès de tous les Sénégalais à une énergie fiable et abordable d’ici 2029. Pour atteindre cet objectif dans un contexte de transition énergétique et de volatilité des marchés internationaux, le ministre a insisté sur la solidité du cadre réglementaire. « La régulation ne doit plus être perçue comme une barrière, mais comme un levier de confiance », a-t-il déclaré devant les participants.
La Commission de Régulation du Secteur de l’Électricité (CRSE), dont les prérogatives ont été récemment élargies à plusieurs segments de la chaîne énergétique, se trouve au centre de cette stratégie. Son président, Ibrahima Niane, a présenté cette extension comme une avancée structurelle vers un marché plus transparent et compétitif. Il a toutefois identifié une faille majeure dans le fonctionnement actuel : la méconnaissance des principes de régulation par un grand nombre d’acteurs. Il estime que l’efficacité du système nécessite une communication transparente et adaptée pour que chaque opérateur et consommateur maîtrise ses droits et obligations.
Les échanges ont également mis en évidence une transformation profonde du marché local, portée par la démocratisation des énergies renouvelables. Un nouveau profil émerge : le consommateur-producteur, issu de la dynamique d’autoproduction. Cette évolution bouscule les équilibres traditionnels du secteur et pousse la CRSE à réclamer la mise en place d’un cadre réglementaire clair et incitatif, capable d’accompagner cette innovation sans déstabiliser le réseau global.
Le directeur général de Millennium Challenge Account Sénégal II, Oumar Diop, partenaire technique et financier des réformes en cours, a souligné qu’aucun investissement structurant ne peut prospérer sans un environnement institutionnel adéquat. Il a rappelé que le développement durable du secteur énergétique repose sur une gouvernance partagée et une pédagogie constante autour des normes établies.
Conçu comme une plateforme de dialogue, ce forum réunit les institutions publiques, les opérateurs privés et les partenaires au développement pour construire des réponses aux défis du secteur. Les travaux se sont achevés sur l’engagement de l’État, réaffirmé par le ministre, à soutenir le régulateur dans ses missions pour assurer un développement énergétique transparent et orienté vers la satisfaction des usagers.