Le refus de fournir une liste exigée par Israël expose 17 ONG à une interdiction imminente d’opérer à Gaza

Dix-sept organisations non gouvernementales internationales font face à une interdiction imminente d’opérer dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées. Confrontées à un ultimatum fixé au 1er mars par le gouvernement israélien, ces structures ont officiellement saisi la Cour suprême d’Israël pour demander la suspension urgente de cette mesure qui menace le maintien de l’aide humanitaire dans la région.

Le point de blocage réside dans une nouvelle exigence administrative. Le 30 décembre dernier, les autorités israéliennes ont informé plusieurs agences, dont Médecins Sans Frontières (MSF), Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés et CARE, de l’expiration de leurs autorisations de travail. Pour obtenir un renouvellement dans un délai imparti de soixante jours, Israël exige désormais que ces organisations fournissent des listes détaillant les informations personnelles de leurs employés palestiniens.

Les ONG signataires refusent de s’y plier. Dans leur recours judiciaire, elles soulignent que la transmission de ces données exposerait leur personnel local à de potentielles représailles. Elles estiment également que cette injonction transforme les acteurs humanitaires en instruments de collecte de renseignements pour l’une des parties au conflit, ce qui enfreint le principe de neutralité et viole les lois européennes sur la protection des données. En guise de compromis, les requérants ont proposé des solutions alternatives, telles que des systèmes de vérification audités par les donateurs, sans succès jusqu’à présent.

Les conséquences d’une suspension des activités s’annoncent directes. Oxfam a prévenu que la fermeture forcée des opérations pourrait débuter dès ce samedi, entraînant des répercussions sur l’ensemble du système humanitaire. Actuellement, la grande majorité des deux millions d’habitants de la bande de Gaza dépendent exclusivement de l’aide extérieure pour accéder à la nourriture, à l’eau, aux abris et aux soins médicaux, dans un contexte de destructions massives et de restrictions d’accès continues.

L’environnement de travail pour les acteurs humanitaires demeure par ailleurs extrêmement dangereux sur le terrain. Selon les données des Nations Unies rapportées par Al Jazeera, 133 employés d’ONG ont perdu la vie dans des attaques israéliennes sur la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023, dont quinze membres du personnel de MSF. La Cour suprême israélienne doit désormais statuer sur la demande d’injonction provisoire avant la date butoir du 1er mars.

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