Le détroit d’Ormuz a été déclaré ouvert aux navires commerciaux par les autorités iraniennes et américaines, en lien avec le cessez-le-feu entré en vigueur entre Israël et le Liban. Malgré ces annonces officielles, la reprise effective du trafic maritime mondial reste suspendue à des enjeux sécuritaires et diplomatiques complexes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que cette voie navigable stratégique était totalement ouverte pour la période correspondant à la trêve imposée à Israël au Liban. Une information confirmée par le président américain, qui a toutefois fixé des limites strictes concernant les sanctions en cours. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Donald Trump a précisé que le blocus de la marine américaine sur les ports et navires iraniens restera pleinement en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord définitif avec Téhéran, exigeant l’inclusion spécifique de son programme nucléaire dans les négociations. Le chef d’État américain a par la suite déclaré à l’AFP qu’un tel accord était proche.
En Iran, des signaux contradictoires ont émergé après l’annonce gouvernementale. Des médias d’État, citant un haut responsable militaire, ont indiqué que seuls les navires non militaires seraient autorisés à transiter, sous réserve d’une permission accordée par la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). L’agence Fars a souligné le silence du Conseil suprême de sécurité nationale sur le sujet, alors que le statut du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, demeure inconnu.
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont réuni une quarantaine de pays à Paris pour organiser une mission multinationale pacifique visant à sécuriser la navigation. Emmanuel Macron a affirmé son opposition à toute restriction, tentative de privatisation du détroit ou instauration d’un système de péage. Le chancelier allemand Friedrich Merz a proposé une contribution en matière de renseignement et de déminage, tout en souhaitant une implication américaine. Donald Trump a cependant décliné formellement l’aide proposée, rappelant l’alliance militaire formellement exclue de ces opérations.
Malgré l’accueil favorable de l’Organisation des Nations unies, les acteurs de l’industrie maritime maintiennent leur prudence. L’Association des armateurs norvégiens a exigé des clarifications sur la présence de mines et les conditions imposées par l’Iran. Les compagnies Maersk et Hapag-Lloyd ont annoncé qu’elles continuaient d’éviter le passage du détroit d’Ormuz, privilégiant l’évaluation des risques sécuritaires pour leurs équipages.
Sur les marchés financiers, l’annonce initiale de l’ouverture du détroit pour la durée du cessez-le-feu a provoqué une chute immédiate des cours mondiaux du pétrole.