Le Premier ministre canadien atterrit en Inde avec un plan de relance motivé par les récentes décisions de Donald Trump

Le Premier ministre canadien Mark Carney a entamé vendredi une visite officielle en Inde, marquant une étape majeure dans la diplomatie de son pays. Arrivé à Mumbai, le chef du gouvernement cherche à diversifier les partenariats économiques d’Ottawa dans un contexte nord-américain sous tension, tout en tentant de normaliser des relations bilatérales lourdement détériorées ces dernières années.

Cette réorientation stratégique s’inscrit en réponse directe aux politiques commerciales des États-Unis. Face aux lourdes taxes douanières imposées par Donald Trump sur des exportations canadiennes essentielles telles que l’acier, l’aluminium et les pièces automobiles, Mark Carney a affiché sa volonté de doubler les exportations hors États-Unis d’ici dix ans. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce déplacement en Inde constitue le premier jalon de cette nouvelle doctrine.

L’agenda prévoit une rencontre lundi à New Delhi avec le Premier ministre indien Narendra Modi. Les discussions porteront sur un large éventail de secteurs, allant du commerce à l’énergie, en passant par la technologie, l’intelligence artificielle et la défense. Les deux pays ont récemment convenu de reprendre les négociations en vue d’un accord de libre-échange. L’objectif fixé par le gouvernement canadien est de porter les échanges bilatéraux à 51 milliards de dollars par an d’ici 2030.

De son côté, l’Inde cherche à capter davantage de capitaux étrangers. Le ministère indien des Affaires étrangères souligne que les fonds de pension et souverains canadiens ont déjà injecté 73 milliards de dollars dans l’économie nationale. New Delhi espère également obtenir l’appui du Canada pour son programme d’expansion de l’énergie nucléaire.

Ce volet économique s’accompagne d’un défi diplomatique complexe. Mark Carney doit œuvrer à la restauration de liens bilatéraux rompus sous l’administration de l’ancien Premier ministre Justin Trudeau. En 2023, Ottawa avait accusé le gouvernement de Narendra Modi d’avoir orchestré l’assassinat de Hardeep Singh Nijjar, un citoyen canadien engagé dans la création d’un État sikh indépendant, le Khalistan. L’Inde a systématiquement rejeté ces accusations, une crise qui a conduit à l’expulsion mutuelle de hauts diplomates en 2024. Interrogée sur la place de la répression transnationale dans les pourparlers actuels, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a précisé que le sujet restait au premier plan de leurs préoccupations.

Après l’étape indienne, le dirigeant canadien poursuivra sa tournée en Australie pour s’adresser au Parlement et aborder les questions de défense et de commerce. Sur le chemin du retour vers Ottawa, une escale est prévue au Japon pour rencontrer la Première ministre Sanae Takaichi, avec des échanges axés sur l’industrie automobile, l’énergie et les minéraux critiques.

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