Une trêve de dix jours entre Israël et le Hezbollah, annoncée par le Président Donald Trump, est entrée en vigueur ce jeudi à minuit, heure de Beyrouth. Toutefois, contrairement aux précédents accords, les populations libanaises déplacées affichent une grande méfiance et diffèrent leur retour vers le sud du pays et la banlieue de la capitale.
Quelques heures avant l’échéance, la tension restait palpable. L’armée israélienne a intensifié ses frappes sur les villages du sud du Liban et détruit le dernier pont opérationnel menant vers cette région. Face à cette situation, une grande partie des civils ayant fui les combats préfèrent patienter. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les déplacés installés dans le centre de Beyrouth n’ont pas confiance en l’engagement des forces israéliennes à respecter le cessez-le-feu.
La décision de différer les départs est également motivée par la destruction massive des infrastructures. À Hay el-Sellom, dans la banlieue sud de Beyrouth, de nombreux bâtiments ont été rasés. Des familles prévoient de rester dans leurs abris de fortune durant l’intégralité des dix jours de trêve, dans l’attente d’un accord plus durable.
Cette prudence citoyenne est officiellement appuyée par des consignes politiques. Le Hezbollah et Nabih Berri, président du Parlement libanais et chef du mouvement Amal, ont publiquement demandé à leurs partisans de ne pas retourner immédiatement dans leurs foyers. Le groupe armé libanais a exhorté la population à éviter le sud, la plaine de la Bekaa ou la banlieue sud de Beyrouth tant que le déploiement sur le terrain ne sera pas totalement clarifié, évoquant les antécédents d’Israël en matière de violation d’accords.
L’incertitude autour des termes exacts de la trêve alimente ces doutes. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a précisé que ses troupes ne se retireraient pas du sud du Liban durant cette période. En réponse, le Hezbollah a prévenu que la présence continue des forces israéliennes sur le territoire libanais justifierait le maintien de ses actions de résistance.
Pendant ce temps, la précarité des déplacés s’accentue. Les distributions d’aide se sont considérablement réduites, laissant de nombreuses familles démunies face au manque d’assistance de la part de l’État libanais et des différentes factions politiques.