Le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo réunit ce jeudi 15 octobre 2026 le comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale, qui rassemble le gouvernement, les organisations patronales et les syndicats. Cette rencontre intervient dans un climat social tendu, marqué par des menaces de grève et des revendications liées au respect des accords signés avec l’État.
Le gouvernement joue une nouvelle carte pour tenter d’apaiser le front social. Ce jeudi 15 octobre, le chef du gouvernement, Ahmadou Al Amine Lo, préside une réunion du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID), signé le 1er mai 2025 entre l’État, le patronat et les organisations syndicales.
Selon le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, cette rencontre doit permettre d’évaluer les engagements pris par le gouvernement et d’identifier les difficultés qui entravent leur mise en œuvre. Pour l’occasion, l’ensemble des ministres concernés par le pacte a été convié.
L’enjeu est de taille, restaurer la confiance entre les partenaires sociaux et prévenir une nouvelle escalade des tensions. Le gouvernement entend également définir les orientations de la politique sociale pour la période d’octobre 2026 à mars 2027.
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Des menaces de grève qui pèsent sur le climat social
Cette concertation se tient alors que plusieurs organisations syndicales durcissent leur position. Le Front syndical pour la défense des travailleurs annonce notamment une grève générale de 72 heures, les 21, 22 et 23 octobre, dans le cadre de ses revendications portant sur les conditions de travail et la protection sociale.
Parmi les exigences figurent la transformation des contrats à durée déterminée (CDD) en contrats à durée indéterminée (CDI), la mensualisation des indemnités de logement, la revalorisation des pensions de retraite et la révision du Code de la sécurité sociale.
Les travailleurs dénoncent également des retards dans l’application de certains engagements pris par les autorités.
Le secteur de l’aviation civile est lui aussi confronté à des tensions. Une mobilisation syndicale est annoncée à partir de ce jeudi 15 octobre, sur fond de revendications concernant notamment les dettes d’Air Sénégal envers LAS, gestionnaire de l’aéroport international Blaise-Diagne, l’harmonisation des rémunérations et les conditions de travail.
Le respect des accords au cœur des discussions
Au-delà des menaces de débrayage, le gouvernement doit répondre à des préoccupations persistantes dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé et les entreprises publiques.
Mamadou Lamine Dianté a reconnu des retards dans l’exécution de certains engagements, particulièrement dans l’éducation et la formation.
Le ministre a également fait état d’avancées dans les négociations avec les syndicats de la santé, notamment sur l’indemnité de logement des agents contractuels. Des discussions se poursuivent par ailleurs sur la réintégration de travailleurs licenciés dans certaines entreprises publiques, dont le Port autonome de Dakar et des structures du secteur minier.
Pour accélérer le suivi des engagements, l’exécutif prévoit désormais de réunir le comité de pilotage au moins tous les trois mois, contre une réunion annuelle auparavant. Des comités techniques doivent également assurer le suivi des accords entre deux rencontres.
Cette nouvelle méthode sera-t-elle suffisante pour convaincre les syndicats de revoir leurs plans d’action ? La réunion de ce jeudi constitue un rendez-vous important pour mesurer la capacité du gouvernement à transformer ses engagements en mesures concrètes.
À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les autorités souhaitent préserver un climat social apaisé. Mais l’issue des discussions dépendra surtout des réponses apportées aux revendications des travailleurs et de l’effectivité des engagements pris par l’État.





