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“Le développement de l’Afrique est basé sur un faux paradigme”(C. T. Gadio)

L’Afrique ne pourra jamais se développer, si les États continuent à aller en ordre dispersé. C’est la conviction du Dr Cheikh Tidiane Gadio, qui affirme que c’est le “moment où jamais”, pour les États, de changer de paradigme.

Le continent africain peut-il se développer, un jour, sans les aides publiques au développement qu’il reçoit des anciennes puissances coloniales ? Oui, répond avec assurance le Dr Cheikh Tidiane Gadio. Le panafricaniste indique que, pour booster le développement du continent africain, il suffit de revenir à la recommandation antérieure d’un des pères du panafricaniste, le président Kwame Nkrumah. C’est-à-dire “s’unir ou périr”. Selon le président de l’Institut panafricain de stratégies, qui animait à Thiès, une conférence publique sur le “Rôle des États africains, de la société civile et de la jeunesse dans l’avènement des États unis d’Afrique…”, à l’initiative du mouvement politique And Sopi Thiès, les États unis d’Afrique reste la seule alternative pour sortir ledit continent de la pauvreté endémique.

Se départir des “faux paradigmes”

Pour y arriver, il préconise aux États africains de se départir du “faux paradigme” que leur a imposé l’Occident. “La situation actuelle du continent africain est extrêmement grave. Je n’ai jamais compris pourquoi on a 1/3 des richesses du monde et on continue à être pauvre. L’Afrique est un continent riche, parce que nous avons du pétrole, du cacao, du cobalt et beaucoup d’autres ressources naturelles. Les États africains doivent accepter de changer de paradigme. Sinon, 50 ans après, les États africains se retrouveront dans la situation actuelle. Le développement de l’Afrique est basé sur un faux paradigme. Ils (les Blancs) nous ont fait croire que chaque pays pouvait porter son propre développement, alors que ce n’est pas le cas”, analyse Cheikh Tidiane Gadio.

Pendant une heure, l’ancien ministre des Affaires étrangères s’est tenu debout pour exposer au public de la Chambre de commerce de Thiès les maux dont souffre l’Afrique depuis bientôt 60 ans. Dans sa communication, il a insisté sur les failles du modèle de développement de l’Afrique qui a échoué. C’est pourquoi, invite-t-il les États à repenser et à redéfinir leur propre paradigme. “Le modèle qu’on nous a proposé a échoué. Il faut avoir le courage de le dire. C’est en 1963 que la catastrophe s’est produite. Il fallait, à cette époque, aux pays africains (32 États) fraîchement indépendants, affirmer leur souveraineté. Kwame Nkrumah avait plaidé pour une diplomatie commune, une monnaie commune, un commerce extérieur commun et pour une armée commune. Malheureusement, il n’a pas été suivi dans sa réflexion par les présidents Léopold Sédar Senghor, Modibo Keita… Et c’est dommage”, se désole celui qui a passé neuf ans à la tête de la diplomatie sénégalaise.

Poursuivant son propos, le Dr Cheikh Tidiane Gadio a recommandé aux chefs d’État de ne pas renoncer au processus de création des États unis d’Afrique, gage d’une renaissance soutenue d’un continent “très loin d’être pauvre”.

Cultiver l’indignation

Aussi, rappelle-t-il que le renouveau du panafricanisme doit être un combat permanent. “Le jour où on va réussir à unifier les 54 États d’Afrique, on sera, 24 heures après, la 4e puissance au monde. Il nous faut créer les 54 États souverains capables de nourrir leurs peuples et les prendre en charge. Nous avons plus de 50 ans de retard. Donc, c’est le moment où jamais. Cette question du panafricanisme est, désormais, une urgence. Elle est obligatoire”, soutient le Dr Gadio.

Il préconise, par ailleurs, la création d’un seul État fédéral au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Pour la monnaie commune, il pense que l’Afrique doit s’unir d’abord, avant d’enclencher, ensuite, le processus de création d’une monnaie pour tous les États d’Afrique. “Les Toubabs sont trop forts. Ils ont pris un seul peuple et l’ont divisé. Ils nous ont fait croire à leurs histoires de pays lusophones, anglophones et francophones. Mais c’est extraordinaire ! Le développement est bien possible”, estime le 3e vice-président de l’Assemblée nationale, invitant, par la même occasion, les jeunes à cultiver encore plus l’indignation.

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