Le blocage de 39 plateformes en France pousse l’ambassade de Russie à émettre ce doute sur les intentions de Paris

Les autorités françaises de régulation ont franchi une nouvelle étape dans la restriction d’accès à certains canaux d’information étrangers. Cette mesure, qui vise plusieurs dizaines de plateformes numériques, a immédiatement provoqué une réaction officielle de la représentation diplomatique ciblée à Paris.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a ordonné jeudi une vaste opération de blocage et de déréférencement. Les fournisseurs d’accès à internet ainsi que les moteurs de recherche ont été sommés de couper l’accès à 35 sites officiels de médias russes. À ce dispositif s’ajoute la mise à l’index de quatre plateformes de streaming qui permettaient jusqu’ici de suivre des chaînes de télévision et des stations de radio russes. L’Arcom justifie cette directive par l’application de la loi du 30 septembre 1986 et le respect des sanctions européennes liées au conflit en Ukraine, prolongeant ainsi des restrictions similaires adoptées en mars et juillet 2025.

Cette offensive numérique a fait réagir l’ambassade de Russie en France, qui a fermement rejeté ces mesures. La représentation diplomatique a dénoncé une initiative qu’elle qualifie de « dictée par des considérations politiques ». Elle souligne par ailleurs ce qu’elle considère comme une « contradiction flagrante avec le principe de liberté d’expression proclamé en France », affirmant que l’attachement de Paris à cette liberté revêtirait un caractère « purement déclaratif ».

L’argumentaire de la diplomatie russe s’est particulièrement attardé sur les conséquences de cette décision pour le public français. L’ambassade a exprimé ses regrets concernant la situation des citoyens ordinaires, estimant qu’ils sont « désormais privés de leur droit fondamental de décider par eux-mêmes ce qu’ils souhaitent lire, regarder et quelles sources ils choisissent de croire ». Les diplomates russes ont conclu leur communication en s’interrogeant ouvertement sur les réelles motivations de cette censure, soulevant l’hypothèse d’une « défiance » des autorités françaises envers leur propre population et d’un « doute quant à leur capacité à distinguer par eux-mêmes le vrai du faux ».

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