C’est une affaire de violence intrafamiliale particulièrement sombre qui a été examinée ce mardi devant la Chambre criminelle. Si les faits remontant à 2021 semblaient clairs, l’audience a rapidement basculé vers une interrogation centrale concernant la responsabilité pénale de l’accusé, modifiant la dynamique habituelle entre l’accusation et la défense.
**Une vengeance assumée à la barre**
Les faits reprochés à M. Camara, âgé de 44 ans, se sont déroulés aux Parcelles Assainies en avril 2021. Poursuivi pour avoir violemment agressé sa belle-sœur, l’homme n’a pas cherché à nier l’évidence une fois présenté aux juges. Selon les informations rapportées par nos confrères de Kawtef, l’accusé a reconnu l’intégralité des faits, justifiant son acte par un « désir de vengeance ». Une déclaration froide qui contraste pourtant avec le comportement observé durant l’audience.
**La santé mentale au cœur des débats**
Au-delà de la violence de l’acte, c’est l’attitude de M. Camara qui a retenu l’attention du tribunal. Tenant des propos jugés confus, l’accusé présente un profil psychologique complexe, marqué par des antécédents d’internement psychiatrique. Ces éléments ont conduit la défense à solliciter une expertise mentale pour déterminer si le prévenu jouissait de toutes ses facultés au moment de l’agression.
**Une convergence inattendue entre défense et accusation**
La tournure du procès s’est jouée lors des réquisitions. Alors que le parquet a requis une lourde peine de 15 ans de réclusion criminelle, le maître des poursuites a adopté une position nuancée sur la question médicale. Contre toute attente dans ce type de dossier criminel, le parquet a soutenu la demande d’expertise formulée par la défense, reconnaissant la nécessité d’éclaircir l’état de santé mentale de l’accusé avant de sceller son sort.
Le verdict, désormais suspendu aux conclusions du tribunal sur cette affaire, est attendu pour le 3 mars prochain.