L’Autorité palestinienne a lancé vendredi un appel pressant à la communauté internationale concernant une situation critique dans la Ville sainte. Une dynamique foncière et judiciaire en cours menace de modifier la structure démographique de plusieurs secteurs historiques.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, plus de 200 familles palestiniennes, représentant environ 900 personnes, sont actuellement sous la menace d’un déplacement forcé à Jérusalem-Est. Le ministère palestinien des Affaires étrangères précise que les habitants du quartier de Silwan sont particulièrement exposés à ces expulsions imminentes de leurs logements.
Cette offensive immobilière découle principalement de procédures engagées par des organisations de colons devant les juridictions israéliennes. La diplomatie palestinienne dénonce l’utilisation de ces tribunaux, considérés comme un outil destiné à « ancrer une réalité illégale et sans précédent » et à lui conférer une fausse légitimité. Le ministère qualifie ces instances judiciaires de parties prenantes aux pratiques de l’occupation.
Sur le terrain, ces mesures se traduisent par des actes concrets et récents. La semaine dernière, 15 familles ont été expulsées du secteur de Batn al-Hawa à Silwan, tandis que des ordres de démolition ont visé sept habitations à Qalandiya. L’Organisation des Nations Unies avait déjà documenté l’expulsion forcée d’au moins 16 familles dans cette même zone de Batn al-Hawa à la date du 26 mars.
Pour l’Autorité palestinienne, ces développements s’inscrivent dans un plan global visant à « judaïser la Ville sainte » et à déplacer la population palestinienne. Face à cette situation, elle exhorte les États et les organisations internationales à prendre des mesures décisives, à activer des mécanismes de pression diplomatique, à renforcer la présence internationale sur le terrain et à considérer toutes les mesures israéliennes comme juridiquement nulles.
Ce dossier s’ajoute à un bilan humain régional particulièrement lourd. Toujours selon les données relayées par Anadolu, citant le ministère palestinien de la Santé, les forces israéliennes ont mené des violations quotidiennes d’un cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, faisant 691 morts et 1 876 blessés au 18 mars. En parallèle, la guerre lancée dans la bande de Gaza en octobre 2023 a entraîné la mort de plus de 72 000 Palestiniens, fait environ 172 000 blessés et détruit près de 90 % des infrastructures civiles.