La crise énergétique qui frappe durement Cuba s’étend désormais au secteur du transport aérien international. Face à l’assèchement des réserves de carburant sur l’île, les liaisons régulières depuis l’Europe subissent un coup d’arrêt majeur, contraignant les transporteurs à revoir leur programmation pour les mois à venir.
La compagnie Air France a officialisé la suspension temporaire de ses vols reliant l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle à La Havane. Selon les informations de l’agence Anadolu parvenues à notre rédaction, cette interruption sera effective à compter du dimanche 29 mars. Jusqu’à présent, le transporteur français assurait trois rotations hebdomadaires vers la capitale cubaine au moyen de gros-porteurs Boeing 787. Une reprise des liaisons est envisagée pour le 15 juin, mais la compagnie précise que ce retour reste strictement conditionné à une amélioration de la situation logistique sur place.
Cette mesure fait suite à une note diffusée le 8 février dernier par les autorités aéroportuaires cubaines. Le document informait les compagnies aériennes d’une indisponibilité de carburant pour l’aviation sur une période initiale d’un mois. Des sources locales indiquent désormais que la pénurie de kérosène pourrait s’étirer au moins jusqu’au mois d’avril. Avant Air France, plusieurs transporteurs russes et canadiens avaient déjà été contraints de suspendre leurs opérations vers l’île.
L’impact de ces annulations en cascade menace directement le secteur touristique cubain, dont l’activité hôtelière dépend étroitement des vols internationaux pour générer des recettes en devises.
Cette pénurie de kérosène s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement tendu entre La Havane et Washington. Selon les données locales, aucun navire pétrolier n’a accosté à Cuba depuis le 9 janvier. L’approvisionnement de l’île a subi un coup d’arrêt brutal à la suite de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines. Sous la pression des États-Unis, qui maintiennent une politique de contrainte maximale envers le gouvernement cubain, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela ont été totalement interrompues, précipitant la crise énergétique actuelle.